7ème édition du festival ‘’Bolou’’: La communauté Idaatcha en masse pour une grande réjouissance

Les fils et filles de la commune de Dassa Zoumè, à la faveur d’un gigantesque rassemblement, ont célébré le rythme ‘’Bolou’’ avec la gastronomie authentique de la localité. C’était le dimanche 05 février à l’espace de divertissement ‘’Même père même mère’’ situé dans la commune d’Abomey-Calavi.

 

Presque tout Dassa était en déplacement. Un monde fou a investi l’espace ‘’Même père même mère’’ de Calavi pour une seule cause. Mettre en relief l’un des importants patrimoines immatériels de la culture ‘’Idaatcha’’, le ‘’Bolou’’. Et la formule trouvée par le promoteur de l’événement, c’est le festival qui porte le même nom que le rythme et la danse promus, le festival ‘’Bolou’’. A écouter la sonorité, c’est un rythme similaire au Goumbé que le grand monde connait pour cette localité du Bénin. Cependant, il y a bien une grande différence entre les deux. Pour l’ingénieur agronome Akpo Loth, le promoteur du festival « le Bolou est une danse originale du pays des quarante-une collines, plus précisément de la communauté Idaatcha. Il faut rappeler qu’à l’origine le rythme s’appelait ‘’Obi’’ compte tenu de la résonance du tambour principal qui lui confère son nom et l’ensemble des autres percussions et idiophones qu’on associe pour obtenir l’harmonisation. Curieusement, ce tam-tam s’appelle ‘’Bolou’’. Donc avec le temps, les exécutants de ce rythme ont voulu donner le nom du tam-tam au rythme.  C’est ce qui a fait que nous l’appelons ‘’Bolou’’ aujourd’hui, qui a pris le dessus sur l’appellation originale ‘’Obi’’. C’est un tam-tam long en forme carrée qui peut être joué des deux côtés. C’est une danse qui fait appel à de l’énergie et elle ne se danse pas seul, elle se danse en groupe ». Effectivement les participants à la fête n’ont pas manqué d’exposer au vu et au su de tout le monde des tableaux de démonstration. Le vaste cercle humain formé au cœur de l’espace qui accueillait les manifestations dégageait une géante colonne de poussière signe de l’énergie que déployait chacun des danseurs qui rivalisent d’ardeur à l’occasion. Branchage en main, le corps ruisselant de sueur et les chansons populaires qui se reprenaient en chœur au rythme des tambours qui résonnent, les danseurs de la circonstance n’ont perdu aucune seconde pour démontrer leur talent. Les mouvements de corps et les coups de reins saccadés allaient dans tous les sens. Dans cette effervescence, la bière locale authentique de Dassa, le ‘’Tchakpalo’’ (boisson locale fait à bas de maïs) coule à flot au milieu des mets typiquement originaires de la ville giratoire. Entre autres recettes, il y a le ‘’Olèlè’’, le ‘’Tchohounbo’’, le ‘’Ikarèkpa’’ et ‘’Ikarèwa’’. Des succulents plats qui n’ont laissé personne indifférent pendant la fête. Surtout le ‘’Tchohounbo’’ a particulièrement retenu l’attention des festivaliers et sympathisants de la localité qui l’ont réclamé sans cesse avec des appréciations aussi diverses que variées. « Le Tchakpalo que nous avons amené ici est celui que les bonnes dames de Dassa fabriquent elles-mêmes. C’est du Tchakpalo d’une très bonne texture et de très belle facture et j’insiste là-dessus. Ceux qui en savent quelque chose peuvent en témoigner. L’objectif, c’est d’exposer au grand monde le savoir-faire de ces dames-là qui ont su garder la souche des recettes traditionnelles de cette boisson qui n’est mieux fabriquée nulle part ailleurs qu’à Dassa », précise Akpo Loth, le promoteur du festival ‘’Bolou’’ dont la huitième édition s’annonce déjà éclatante.

 

Teddy GANDIGBE

Source : Matin Libre

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