Des chiffres qui donnent le tournis

A son avènement au pouvoir en 2016, le gouvernement de la Rupture a fait de l’amélioration du climat des affaires son leitmotiv. Des réformes sont initiées afin de faciliter la tâche aux jeunes, à qui il été enseigné que l’entrepreneuriat est la seule voie qui même à la richesse, en même temps le seul remède à la problématique du chômage des jeunes. Des réformes sont alors mises en œuvre en matière de création d’entreprise, l’accès à l’électricité et à l’eau, l’obtention du permis de construire, le transfert de propriété, le paiement des impôts et taxes, l’accès aux marchés publics, l’obtention de prêt, l’exécution des contrats, le commerce transfrontalier, la protection de l’investissement, le règlement de l’insolvabilité, etc. Désormais, les jeunes qui désirent entreprendre ne devraient plus avoir la peur de ne pouvoir honorer leur engagement vis-à-vis du fisc et surtout du personnel. Tout devrait désormais aller pour le mieux, l’idée étant d’amener de plus en plus de jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat. C’est dans ce contexte que beaucoup de startup ont vu le jour. Beaucoup de jeunes diplômés sans emploi se sont lancés. Ils ont cru à la volonté du gouvernement de faciliter le climat des affaires. C’est dans ce climat qu’éclate l’affaire de quitus fiscal.

En effet, dans le cadre des élections législatives du 08 janvier prochain, le quitus fiscal se révèle, l’une des pièces maîtresses devant figurer dans le dossier de candidature, au risque de voir le dossier rejeté par la Céna. L’argument du directeur général des impôts est que ceux qui aspirent à nous diriger devraient donner l’exemple de leur solvabilité vis-à-vis du fisc. C’est alors que les choses se compliquent pour les prétendants au Palais des gouverneurs. Qu’ils soient de l’opposition ou de la mouvance, la plupart de ceux dont la délivrance du quitus fiscal pose problème sont des entrepreneurs. Ils sont les propriétaires d’une ou plusieurs entreprises en activité ou non. Même des jeunes qui ont créé une entreprise et qui ont ensuite mis la clé sous le paillasson sont dans le lot. Ils subissent des redressements fiscaux par rapport à une entreprise dormante. Et rien qu’à voir les montants qu’ils sont censés devoir, ça donne le tournis. Des centaines de millions par ici, des centaines de mille, par là.

Tout cela n’est pas de nature à rassurer les jeunes entrepreneurs. Ne vont-ils pas avoir le sentiment que tout ce qui leur est miroité est un leurre et que le vrai visage de l’entrepreneuriat au Bénin est celui qu’on découvre ces jours-ci avec cette affaire de quitus fiscal ?

 

B.H

Source : Matin Libre

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