Alice Iyabo Olafa, Directrice d’école sur les risques sanitaires : “Si l’environnement est sain, il n’y aura pas de moustiques et par la suite, tout le monde peut être à l’abri des perturbations…”

Garder son environnement sain en l’occurrence le cadre d’enseignement est une attitude favorable à la lutte contre le paludisme. Madame Alice Iyabo Olafa, directrice de l’école publique maternelle de Houalakomey, dans cet entretien, a mis en avant les bonnes pratiques comme l’assainissement du cadre d’enseignement.

D’après l’avis des médecins, vivre dans un cadre assaini est favorable à la lutte contre le paludisme. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que cela est vrai. Si l’environnement est sain, il n’y aura pas de moustiques et par la suite, tout le monde peut être à l’abri des perturbations qu’ils causent notamment l’anophèle qui est responsable du paludisme. De plus, comme ici c’est la maternelle, il urge qu’on travaille obligatoirement dans un environnement sain pour éviter le paludisme.

Le paludisme reste toujours la première cause de mortalité infantile au Bénin. Vous qui êtes chaque fois avec les enfants à l’école surtout par l’obligation professionnelle, quels sentiments vous animent en entendant cela ?

On a de la peine à l’entendre et cela nous fait mal car nous faisons preuve de négligence en qui concerne les bonnes habitudes à avoir pour l’éradication du fléau du paludisme. C’est pour cela que déjà à la maternelle, nous enseignons l’hygiène aux enfants, par exemple comment entretenir sa classe, son environnement y compris nos propres maisons. On fait comprendre aux enfants qu’on ne doit pas jeter les déchets plastiques, l’eau sale et d’autres ordures dans notre entourage. Une bonne pratique pour empêcher aux nids de moustiques d’exister et ainsi impacter la maladie du paludisme dans les actions prévues pour son élimination.

La situation paludique est toujours agravante à Cotonou d’après les derniers rapports du programme national de lutte contre le paludisme. Peut-on affirmer, à partir de ce constat, qu’il y a une négligence dans les bonnes manières propres à la lutte contre le paludisme à Cotonou ?

Je pense qu’on peut le dire ainsi car il est aisé de trouver à Cotonou des déchets qui sont jetés partout, des ordures délaissées au bord des voies, des défécations humaines dans les caniveaux et des eaux souillées sur les voies publiques. Et je pense que tout cela n’est pas bon pour un environnement sain. C’est tout cela qui favorise le développement des moustiques.

L’autre constat, c’est que le cadre dans lequel vous enseignez est bien aménagé. Est-ce une initiative personnelle ou une recommandation pédagogique ?

C’est d’abord pédagogique, l’aménagement du cadre d’enseignement. Par exemple ici, tous les derniers vendredis du mois, le ministre de tutelle a organisé dans chaque école et dans chaque circonscription la campagne de salubrité. A cette occasion, on sarcle et on balaie pour arranger notre environnement.

Il est vrai que les enfants prennent le pli qu’on leur donne. Pensez-vous que les bonnes habitudes adoptées ici pour réserver un cadre d’enseignement assaini pourront être transmises à ces bouts de chou dès leur bas âge ?

Je le pense vraiment. Nous leur apprenons cela. A la maternelle, c’est surtout l’éducation pour la santé qu’on apprend aux enfants et comment entretenir son milieu de vie.

Selon les spécialistes, les endroits sales et sombres attirent les moustiques et nous savons aussi que l’anophèle , moustique femelle est responsable du paludisme. Est-ce que les efforts d’assainir le cadre d’enseignement ont pu rendre rares ou absents les moustiques dans les salles de classe ?

Je dirai oui et vous pouvez le constater. Le cadre est propre et aéré et à peine on peut constater la présence de moustiques.

Vous rencontrez forcément des difficultés pour maintenir toujours sain le cadre d’enseignement , n’est-ce pas ?

C’est vrai, les difficultés, il n’en manque pas. A la maternelle, on sait bien que les enfants ne peuvent pas sarcler eux-mêmes. On est obligé de recourir à d’autres et ils sont payés pour rendre notre environnement sain.

Que pouvez-vous dire à ceux qui peinent à avoir un cadre sain autour d’eux ?

Qu’ils entretiennent leur milieu de vie. Que les ordures ne soient plus jetées partout. Je pense que c’est pour cela qu’il existe des structures qui ramassent les ordures et les déchets ménagers dans les maisons.

Un appel à l’endroit des autorités et à l’endroit des parents ?

Je les invite à nous accompagner et à nous soutenir dans notre volonté d’avoir un environnement sain pour les enfants. Cela nous permettra d’éviter les maladies comme le paludisme. On sollicite aussi l’aide des autorités de la mairie pour remblayer l’établissement en vue d’en finir avec les eaux stagnantes.

Votre mot de la fin

D’abord je remercie les professionnels des médias que vous êtes pour tout ce que vous faites. Nous savons que le paludisme sévit chez les enfants et les femmes enceintes. Cette maladie peut-être vaincue à travers l’adoption des bonnes habitudes. Les parents et les enfants doivent dormir sous des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action. Les parents doivent aérer et assainir leur cadre de vie. Il faut aussi recourir aux médecins en cas de prévention ou de traitement de la maladie. Des plans d’actions pour l’éradication du paludisme peuvent être mis en place. Les enfants sont la relève de demain. On a aussi besoin des hommes en bonne santé pour construire la nation. Les aides des autorités sont aussi sollicitées. Le paludisme peut être éliminé si nous tous agissons ensemble. L’environnement doit être maintenu sain. C’est important.
Propos recueillis par Fidégnon HOUEDOHOUN

Source : Fraternité

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