Ascensions fulgurantes sous la Rupture: Après la « protégée », le « mentor »

L’Assemblée nationale a procédé, ce jeudi 06 mai 2021, à la désignation de  ses représentants devant siéger au sein du Conseil Électoral, nouvel organe chargé de l’organisation des élections au Bénin, institué par le Code électoral adopté en novembre 2019. Ainsi, pour le compte de l’Union Progressiste (UP), c’est le ministre Sacca Lafia a été désigné. C’est l’une des deux personnalités choisies par le Parlement avec Souley Adam Boukari du parti Bloc Républicain. Quitter le portefeuille important de ministre de l’Intérieur pour être simple membre d’une institution comme le Conseil Electoral, certains observateurs pensent plutôt que ce ne serait pas une promotion. D’où, on estime déjà que le ministre Lafia sera le prochain président de cette institution qui prendra le relai de la Commission électorale nationale autonome (Cena). Sacca Lafia, président d’institution, et ce pour bien d’années encore, ce serait non seulement une prime à la fidélité et au service rendu à la Rupture, mais l’ascension aura été fulgurante. Et ça rappelle, en effet, la montée en flèche de celle que beaucoup d’observateurs désignent comme la « protégée » de Sacca Lafia. Puisque c’est d’elle qu’il s’agit, avant 2016, Mariam Chabi Talata  était inconnue du landerneau politique béninois. A l’avènement de la Rupture en 2016, cette enseignante certifiée de philosophie des établissements secondaires et de l’École normale supérieure de Porto-Novo, Inspectrice pédagogique déléguée (IPD) des départements du Borgou et de l’Alibori, devint de 2016 à 2019, directrice de l’enseignement secondaire au ministère de l’Enseignement. A la faveur de la réforme du système partisan, étant  membre fondateur de l’UP, elle participe aux élections législatives de 2019 en tant que suppléante de son « mentor » Sacca Lafia élu député. Mais le ministre Lafia étant maintenu au gouvernement, Mariam Talata  devient ainsi députée de la 8e législature. Cerise sur le gâteau, elle entre dans l’histoire du pays en devenant la première femme à se faire élire au poste de 1ère vice-présidente de l’Assemblée nationale. Pour une femme sans grande expérience des rouages parlementaires, l’UP a fait fort, avec certainement l’onction du mentor de Madame Talata. Deux ans après le Parlement, le chef de l’Etat sortant, Patrice Talon, à la recherche d’une colistière pour la présidentielle, n’hésite pas à jeter son dévolu sur la Vice-présidente de l’Assemblée nationale. Un choix qui sera imposé à tous les partis politique de la Mouvance. Au soir du 11 avril 2021, le duo a été élu. La colistière devient ainsi la Vice-présidente du Bénin. Le 23 mai prochain, à la faveur de l’investiture de Patrice Talon, Mariam Talata entrera officiellement dans ses nouvelles fonctions ; elle qui a déjà fait ses valises au Parlement.

Mais faut-il le souligner, en terme d’engagement politique, Mariam Chabi Talata n’est pas une parvenue même si elle n’avait pas été sous les feux de la rampe comme c’est le cas aujourd’hui. En effet, elle débute en 2001 avec son adhésion au parti UDS de Sacca Lafia. A ses côtés, la «protégée » est élue conseillère municipale de la ville de Parakou de 2008 à 2015 ; ce qui lui a permis d’être élu après présidente de l’Union des femmes élues conseillères communales des départements de l’Alibori du Borgou et des Collines (UFeC/ABC). En 2016, elle milite au sein des coalitions de partis politiques qui ont soutenu la candidature de Patrice Talon à l’élection présidentielle.

Au regard de tout ce qui précède, et le mentor et la protégée s’en sorte bien sous la Rupture.

 

Worou BORO

Source : Matin Libre

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