Certes, la répétition est pédagogique. Mais on aurait dû épargner les Béninois de la sortie médiatique d’hier, dimanche, du ministre de la santé dans le cadre des actions du gouvernement contre le Corona virus. Rien de nouveau à part les statistiques actualisées, et Benjamin Hounkpatin, sur d’autres points, a même fait économie de vérité.

Tout ce qu’on retiendra de la sortie du ministre de la santé sur la télévision nationale, c’est le nombre de cas confirmés positifs à la Covid19 qui tourne autour de 1300 désormais, pendant que les décès sont à 21. Ce fut l’occasion donc pour ceux qui n’ont plus eu ce point quotidien depuis quelques jours d’actualiser leurs connaissances. Les élections communales organisées par le gouvernement avec la complicité des présidents d’institution ne seraient-elles pas l’une des causes de la hausse des cas positifs ? À cette question, Benjamin Hounkpatin n’est pas allé par quatre chemins. Il a simplement balayé du revers de main cette hypothèse qu’avancent beaucoup d’analystes et même des spécialistes. Pour le ministre, la saison des pluies et l’humidité ou la fraicheur qui accompagne pourrait mieux expliquer cette hausse des cas confirmés. À suivre le ministre, qui, c’est vrai, ne peut pas cracher dans la soupe gouvernementale, c’est à croire que le scrutin n’en est pour rien du tout. En effet,  Benjamin Hounkpatin a-t-il suivi l’actualité en France où dans un premier temps les élections municipales ont été organisées avant qu’il ne soit décidé du report du second tour à cause des cas positifs qui se sont multipliés de façon exponentielle ? Est-ce à cause de la fraicheur que la Fédération béninoise de football comme la Confédération africaine de football et l’instance internationale, la Fifa, ont décidé du report ou de l’annulation de plusieurs compétitions à enjeux ? De façon plus simple, pourquoi le gouvernement, entre mars et mai, n’a pas prétexté de la chaleur ou du soleil en s’abstenant d’aller au cordon sanitaire ? S’il est vrai que dans la journée du  17 mai le gouvernement qui a foncé, oreilles bouchées, en organisant les élections peut se targuer de ce qu’il a mis à disposition des électeurs, des masques et le dispositif de lavage de mains, le ministre Hounkpatin a-t-il fait un tour dans les centres de vote le soir, à la fermeture des bureaux pour voir le triste et désolant spectacle ? A-t-il sillonné au moins la  ville de Cotonou pour constater les attroupements et comment ça jasaient devant et dans les centres de vote? En amont, a-t-il suivi le déroulement de la campagne électorale dite exclusivement médiatique ? Et quand le ministre de la santé insiste sur le plausible facteur fraicheur, combien de sujets le gouvernement béninois avait-il dépisté avant et juste après les élections pour faire de comparaison aujourd’hui? Des pays comme ceux qui entourent le Bénin, et même la Côte d’Ivoire, étaient-ils en hiver avant de tutoyer ou de franchir les statistiques que présente aujourd’hui le Bénin ? Il faisait même plus chaud dans certains de ces pays. Curieusement, c’est par ces temps d’hivernage et de risque élevé de propagation de la maladie que le gouvernement fait du forcing dans son agenda et va certainement organiser le défilé militaire du 1er août comptant pour la célébration des 60 ans d’indépendance nationale.

 

Black out sur une info pourtant basique

La rumeur court, enfle. Dans un premier temps c’était l’Assemblée nationale. Un député serait mort de la Covid-19 et d’autres collègues testés positifs. Il y a quelques jours, deux membres du gouvernement auraient contracté le virus. Vrai ou faux ? Le ministre de la santé qui a été annoncé à grand renfort médiatique sur la télévision nationale dans le feu de cette actualité, et même hier dimanche, n’a pas daigné éclairer l’opinion nationale et internationale sur ce qu’il en est réellement. Peut-être que pour la communication gouvernementale, c’est de la stigmatisation. Pour des personnalités publiques, l’on se demande si cela devrait pour autant poser de problème alors qu’à un moment donné focus a été fait sur une clinique privée et l’Hôpital de la mère et de l’enfant (Homel) pour des cas de contamination. Mieux, sous d’autres cieux, ces cas relatifs aux officiels sont divulgués. Les cas du premier ministre de la Côte d’Ivoire et du ministre d’État Bakayoko sont plus qu’édifiants. Doit-on revenir sur les illustres figures comme Manu Dibango et Pape Diouf ? Cela pourrait d’ailleurs renforcer la sensibilisation en dissuadant les sceptiques qui continuent de penser que le mal n’existe pas.

De tout ce qui précède, le ministre Hounkpatin aurait dû profiter de son weekend que d’aller dire au peuple ce qu’il a suivi n-fois déjà.

Worou BORO

Source : Matin Libre

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