Covid-19/ Dr Koulidji, Hôpital de zone d’Abomey-Calavi: « Tout patient est désormais considéré comme potentiel porteur du virus »

Face à la peur de la contamination au Covid-19, comment prend-on en charge les autres patients dans les centres de santé. La question a interressé Docteur Koulidji Josué, médecin généraliste en service aux urgences de l’hôpital de zone d’Abomey Calavi. Interview.

Matin libre: Face à la menace du coronavirus, quels risques courez-vous aujourd’hui dans l’examen des patients qui se présentent à vous ?

Docteur Koulidji Josué : C’est vrai il y a un risque, parce que  dès que nous recevons les malades, on  ne sait pas qui est porteur du virus et ne l’est pas. Les patients indemnes sont là et d’autres qui arrivent, et ce sont des symptômes courants. Quelqu’un qui se présente et qui dit qu’il est grippé, des fois même ça ne vient pas par la grippe, un autre peut venir dire qu’il a la fièvre. On est obligé de les examiner tous. Et c’est peut-être au cours de l’interrogatoire qu’on peut savoir qu’il y a la notion de contact, peut-être il y a quelqu’un qui est venu de l’extérieur avec qui il a eu un contact et par conséquent, on commence à le suspecter, et donc  on est obligé  de prendre une autre précaution face à tout cas. Tout patient qui vient désormais est considéré comme potentiel porteur  du coronavirus.

Est-ce qu’il y a parfois la peur qui peut vous amener à l’abandon des patients ?

Ça dépend, moi particulièrement je n’ai jamais eu peur, parce que je me dis, si je prends mes dispositions, je n’aurai rien. Et après tout, on a prêté serment. Un militaire ne peut pas dire que parce qu’il a peur de mourir au front, qu’il n’ira pas à la guerre. Quand le devoir nous appelle, on est obligé d’y aller, il  y a l’esprit patriotique qui nous anime, et la conscience professionnelle nous oblige à aller  de l’avant. Si nous nous fuyons, qui va prendre soin des patients ?

Quelles dispositions prenez-vous actuellement  face aux cas de maladies qui se présentent à vous ?

Face aux patients désormais, on porte nos bavettes, on  désinfecte régulièrement nos mains avec nos gels hydroalcooliques et après chaque patient, on se lave les mains. Bien qu’on porte les gants, on se lave les mains parce que, entre-temps, le patient aurait touché à un objet auquel nous même nous serons peut-être amené à toucher. Donc on se lave régulièrement les mains avant de toucher un œil ou de se gratter le nez…et on aurait ainsi exterminé déjà le virus.

Il y a-t-il eu déjà des cas d’infection du personnel médical dans  ce centre, du fait  de contact avec les patients ?

Par la grâce  de Dieu, il  n’y en a pas encore eu. On a reçu des cas suspects, mais avec les méthodes de prévention dont nous disposons, nous avons pris des contacts pour les servir à la cellule qui s’occupe du dépistage. Et ceux-là sont maintenant en auto confinement

Propos recueillis par Thomas Azanmasso

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