Dépôt des candidatures pour les législatives de 2023: La Dgi et Talon sur les lèvres de l’Opposition et de la Mouvance

(Le jour le plus long pour la Cena et les partis)

Au Bénin, le processus devant conduire aux législatives du 8 janvier 2023 suit son cours, et suivant le calendrier électoral, les candidatures pour le compte de la neuvième législature sont enregistrées à la Commission électorale nationale autonome (Cena) du 28 octobre au 2 novembre 2022. C’est donc l’ultime journée pour les partis politiques qui envisagent de prendre part à ce rendez-vous. Ils ont jusqu’à minuit pour déposer les listes. Comme il est généralement de coutume, ce sera le jour le plus long et le plus stressant, et pour les formations politiques et pour l’institution en charge de l’organisation du scrutin. Mais avant cette phase décisive, les regards sont tournés vers la Direction générale des Impôts pour plus de 1000 candidats en attente d’obtenir leur quitus fiscal, une pièce capitale. Au cœur d’une polémique, la Dgi à travers son Directeur général est montée au créneau lundi dernier. Avant lui, le secrétaire général adjoint du gouvernement et porte-parole du gouvernement. Somme toute, l’administration des impôts n’a pas de parti pris dans le traitement ou la délivrance du sésame. Et l’agent public ne distingue pas opposant de mouvancier. Ceux qui aspirent à des instances de décisions doivent être en règle vis-à-vis du fisc, ont conclu les autorités. Ces déclarations n’ont pas suffi, du moins elles ont laissé des doutes dans les esprits avec la sortie, juste après, de certaines figures de l’opposition qui ont exhibé des documents issus de l’administration des impôts. Dans la même journée, et tard dans la nuit, un communiqué de la Dgi invite les candidats qui n’ont pas pu obtenir jusque-là leur quitus fiscal à se présenter dans la matinée d’hier dans ses locaux, en dépit du jour chômé et payé. Selon les derniers recoupements de votre journal, Matin Libre, les lignes ont bougé. Certains candidats ont été invités à retirer le sésame pendant que la Dgi, sans aucun document ou information complémentaire à ceux qui sont dans le cas, a promis de libérer un important lot des quitus, ce mercredi. Chose curieuse et suspecte, c’est dans le rang de potentiels candidats pour le compte de l’opposition que les cris de cœur se font entendre. Visiblement du côté des candidats des partis de la Mouvance, c’est la docilité, la discipline quant au paiement des impôts. Tout est clean à ce niveau. Certainement que ça s’enseigne dans les écoles de ces partis soutenant les actions du pouvoir. Mais la question qu’il convient de se poser quand on dit que l’administration des impôts est impartiale, pourquoi dans les renseignements sur la pièce l’on juge nécessaire qu’il faut préciser que c’est à utiliser pour l’élection. Pis, qu’on ne se leurre point, même si les agents de la Dgi sont au service de tous, il y a quand même que des noms de certains acteurs politiques, juste à leur évocation, on peut facilement les cataloguer ou les identifier à leur obédience politique. Les messages contradictoires envoyés à certains d’entre eux n’apportent-ils pas de l’eau au moulin de ceux qui le disent ? Le quitus fiscal pour exclure à nouveau l’opposition des législatives de 2023. Le refrain est déjà sur beaucoup de lèvres, et la tension monte dans l’opinion. La Rupture de Patrice Talon, sévèrement critiquée ces derniers jours, réussira-t-elle à démentir les appréhensions ? Encore quelques heures, et les bonnes conclusions seront tirées.

Patrice Talon, dans son propre camp

Du côté de la Mouvance, la plupart des candidats ainsi que leurs suppléants retiennent leur souffle. Beaucoup d’entre eux contactés en privé ne sont encore sûrs de rien. Même pas des bribes des supposés positionnements de tel ou tel parti qui circulent sur la toile ou dans des forums WhatsApp. Pour ces acteurs se réclamant du camp présidentiel, c’est le chef de l’État Patrice Talon qui va arbitrer en dernier les listes notamment celles des deux blocs siamois (Bloc républicain et Union progressiste Le Renouveau). Doit-on comprendre que malgré la réforme du système partisan introduite par le pouvoir de la Rupture on continue d’avoir un ou des homme (s) fort (s) au lieu du partis politiques forts ? Tout porte à le croire avec les irruptions souvent constatées du président Talon dans des réunions des partis épousant sa politique.

 Mike M.

Source : Matin Libre

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