Discours sur l’état de la nation: Talon attendu sur les exigences de l’opposition

Aujourd’hui, mardi 29 décembre 2020, le chef de l’Etat est attendu devant la Représentation nationale pour délivrer son discours sur l’état de la Nation. Conformément aux dispositions de l’article 72 de la Constitution : « Le Président de la République adresse une fois par an un message à l’Assemblée nationale sur l’état de la nation. Il peut aussi, à tout moment, adresser des messages à l’Assemblée nationale. Ces messages ne donnent lieu à aucun débat ; ils peuvent toutefois inspirer les travaux de l’Assemblée ». Pour Patrice Talon, ce sera son ultime message du quinquennat. Il intervient après une tournée dans une soixantaine de villes. D’ailleurs, la tournée dite de reddition de compte n’est pas encore terminée. Le chef de l’Etat s’est octroyé une pause et reprendra courant mi-janvier. Le message délivré aux populations au cours de cette tournée fait qu’on attend plus grand-chose du message du jour. Le chef de l’Etat a déjà fait sa reddition de compte. A quelque différence près, rien de fondamental ne va changer dans le discours. A moins qu’après la dernière sortie du collectif de l’opposition, Patrice Talon profite de cette tribune pour s’exercer à une réponse du berger à la bergère.

 

En effet, dimanche 27 décembre, le collectif de l’Opposition, composé de partis, mouvements et personnalités politiques, a fait une déclaration. Au cours de cette sortie, l’Opposition au régime a formulé des exigences pour une présidentielle crédible et équitable. Elle a fait la liste des griefs de l’Opposition à l’encontre du gouvernement de la Rupture. Outre les doléances déjà connues telles que le rétablissement de la démocratie, des libertés individuelles et collectives, le retour des exilés, la libération des prisonniers politiques, les assises nationales…, de nouvelles exigences sont nées du fait de la présidentielle qui devra se tenir dans 5 mois et des récentes décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp).

L’Opposition exige un audit indépendant de la Lépi avant toute utilisation. Selon elle, aucune élection ne peut être transparente sans une liste électorale crédible élaborée sous le contrôle vigilant de toutes les parties : opposition, mouvance et société civile. Or, quand on prend en compte la configuration actuelle de l’Assemblée nationale, on peut dire que seuls les partis Up et Br, qui se réclament partis du chef de l’Etat, ont des représentants au Cos-Lépi. Conséquence directe de l’exclusion de l’opposition aux Législatives de 2019. Ce qui ne devrait pas être le cas. Le constituant avait prévu que toutes les structures de gestion de la Lépi soient paritaires, que ce soit le Cps pour l’élaboration de la liste ou les différents Cos pour son actualisation, afin que les uns surveillent les autres pour une liste électorale plus ou moins acceptée de part et d’autre.

Pour l’Opposition, la récente décision de la Cadhp qui demande le retour à la Constitution de 1990 fait tomber les lois sur le parrainage, le code électoral et même la prorogation de 45 jours du mandat actuel du chef de l’Etat. Ainsi donc, l’Opposition estime que Patrice Talon finit son mandat le 05 avril 2021.

Que l’Opposition fasse ces exigences à quelques jours du discours sur l’état de la Nation n’est pas anodin. Elle s’attend certainement à ce que le chef de l’Etat en fasse une préoccupation. Patrice Talon va-t-il profiter de cette tribune pour tendre la main à l’Opposition ou va-t-il ignorer les exigences et se consacrer uniquement à faire le bilan de ses actions en 5 années de gouvernance ?

Hier, lundi 28 décembre 2020, lors d’une conférence de presse, Orden Alladatin, Gaston Zossou et autres ont essayé de répondre à l’Opposition. Pour eux les accusations d’atteinte à la démocratie et aux menaces à la paix ne riment en rien avec les réalités que vit au quotidien le Béninois lambda.

Le terrain ainsi balayé par ses soutiens, cela n’étonnerait personne que le chef de l’Etat s’inscrive dans le même registre. La surprise serait plutôt qu’il décide d’œuvrer à la décrispation de la situation par une main tendue à l’opposition. De toutes les exigences, il y a certainement des choses qui ne nécessitent pas un sacrifice suprême. Pourquoi ne pas envisager un début de solution pour éviter que, comme en 2019, les mêmes causes ne produisent les mêmes effets ? Pour plusieurs observateurs de la vie politique, c’est sous cet angle que le discours du chef de l’Etat devant le Parement ‘’monocolore’’ pourrait être intéressant.

M.M

Source : Matin Libre

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