Emprisonnée depuis près de deux mois: Le Csdep et l’Odhp alertent sur des conditions infligées à Reckya Madougou

(La santé de l’opposante se dégrade suite à ces traitements)

 

L’Organisation des droits de l’Homme et des peuples (Odhp) et le Comité de soutien aux détenus et exilés politiques au Bénin (Csdep) ont animé dans la soirée d’hier, lundi 26 avril 2021 à la Bourse du travail de Cotonou, une sortie médiatique, en rapport avec les opposants emprisonnés dont principalement Reckya Madougou. À travers ce point de presse, les deux Organisations, après une plainte reçue des avocats de la candidate recalée à la présidentielle pour le compte du parti “Les Démocrates”, dénoncent et demandent l’arrêt des traitements humiliants et immondes dont elle ferait preuve dans sa cellule et qui faont d’ailleurs dégrader son état de santé.

La situation des détenus dits politiques en général et celle de Reckya Madougou en particulier préoccupe l’Odhp et le Csdep. C’est d’ailleurs ce qui a motivé le point de presse qu’ils ont animé à ce effet. Ceci, pour partager avec l’opinion nationale et internationale, les conditions de détention de cette dernière et surtout toucher les autorités judiciaires béninoises, sur son cas. << Le point de presse de ce soir vise à insister auprès de l’opinion publique nationale et internationale, afin que le Ministre de la justice instruise le Directeur de l’Agence pénitentiaire, de sorte que les Régisseurs de la prison civile de Missérété, de  Cotonou, de Ouidah, de Lokossa, d’Abomey… ; cessent les humiliations et les conditions inhumaines infligées à Madame Reckya Madougou et à tous les détenus politiques et d’opinion, depuis les premiers dont Laurent Metongnon et ses coaccusés, jusqu’à ce jour >>, va lâcher la Présidente du Csdep et membre de l’Odhp. En revenant et en exprimant toute la désolation de l’Odhp sur les conditions d’arrestation de Reckya Madougou le mercredi 3 mars 2021 sur le pont de Porto-Novo, en violation fragrante, selon elle, de toutes les lois et conventions régissant les arrestations, Françoise Sossou Holonou a relevé que les avocats de l’ancienne Garde des sceaux ont déposé une plainte auprès de l’Organisation. Laquelle plainte survient, à l’entendre, pendant que la détenue, depuis le 5 mars qu’elle est incarcérée,, vit des conditions de détention humiliantes. Le disant, elle fait allusion, toujours en se fiant à ses propos, aux droits de tout prisonnier, qui doivent être respectés et qui plus est des autorités en détention, qui en plus de bénéficier de ces mêmes droits, sont susceptibles de jouir d’un minimum de conditions. Seulement, à travers ses dires, Reckya Madougou est privée de ces droits et conditions. << En violation de l’article 26 de la Constitution, dame Madougou s’est vu débarquer des gens dans sa cellule et procéder à une perquisition puisque l’objectif est de poursuivre l’humiliation sur elle et de la déposséder du minimum à sa disposition. Ainsi, le jeudi 15 avril 2021, son frigo, son ventilateur, son poste radio, son micro-onde…; ont été emportés alors que dans la même prison, il y avait d’autres qui bénéficient du climatiseur, du ventilateur dans leurs cellules. Hormis la télévision officielle, il y a des télévisions dans d’autres cellules. Pendant que d’autres détenus peuvent utiliser le téléphone officiel pour appeler leurs avocats, elle n’en a pas droit >>, a-t-elle énuméré. Pour la première responsable du Csdep, tous ces comportements constituent une politique de deux poids deux mesures, que le comité, à l’entendre, ne saurait cautionner. << Pendant qu’elle a droit à trois visites par semaine, elle n’a plus où conserver ses vivres et où les chauffer >>, a-t-elle poursuivi. De ce fait, Françoise Sossou Holonou évoque que cette situation que vit Reckya Madougou n’est plus seulement de l’humiliation, mais également de la torture. À la suivre, le comité de soutien aux détenus et exilés politiques s’insurge contre cet état de chose et exige que les conditions légales prévues par les conventions internationales soient, d’après la conférencière, respectées pour les prisonniers. Dans la même veine, cette dernière rappelle que le fait que l’opposante ne soit pas encore fixée sur sa date d’audience après 50 jours passés en prison, alors que ceux qui sont emprisonnés après elle ont déjà une idée de la date de leur comparution. << Une telle pratique participe non seulement de la violation des droits de l’ancienne Ministre, mais également à de la torture >>, a-t-elle indiqué.

Santé dégradante…

Avant de finir, elle n’a pas manqué d’évoquer l’état de santé de la prisonnière. À se fier à ses propos, c’est que la santé de Reckya Madougou a reçu un coup, suite aux traitements inhumains a lui infligés et aux pressions exercées sur elle pour, à l’en croire, la traumatiser. << Vu son état de santé de plus en plus dégradant, le Csdep interpelle directement le Chef de l’État pour sa mise en liberté, afin qu’elle puisse se faire soigner>>, martèle la conférencière, avant d’inviter à nouveau Patrice Talon à prendre des mesures qui s’imposent, pour la libération de tous les détenus politiques et le retour des exilés politiques.

J.G

Source : Matin Libre

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