Entretien avec David Bogninou de l’Up le Renouveau : « … Aujourd’hui, on démissionne pour rejoindre un grand parti et non pour créer le sien… »

Il s’appelle David BOGNINOU, opérateur économique et membre de l’Union Progressiste le Renouveau. Il se prononce sur l’actualité politique nationale faite en partie de jeu de chaise musicale entre les formations politiques à moins de quatre mois des élections législatives de janvier 2023

Il y a quelques semaines, le PRD et l’UP ont fusionné pour créer l’Union Progressiste le Renouveau. Quel regard portez-vous sur cette fusion ?
C’est le premier grand exploit du président Joseph Djogbénou depuis qu’il est devenu chef de parti politique. Le Bloc Républicain a essayé de fusionner avec le PRD en 2018, mais cela échoué parce que les négociations n’ont pas abouti. Je dois préciser que l’exploit n’est pas à mettre à l’actif seul du président Joseph Djogbenou. Il y a également le président Adrien Houngbédji, un homme de paix avec une longue expérience politique qui a réussi à démontrer aux siens le bien-fondé du projet de mariage entre son parti le PRD et l’UP. Pour la petite histoire, ces deux hommes ont assez suffisamment démontré leur attachement à leur patrie le Bénin. Le président Joseph Djogbénou, un homme audacieux, en peu de temps, a su prouver sa capacité à fédérer les énergies pour la bonne cause depuis la société civile jusqu’à la politique. Le président Adrien Houngbédji, un homme sage, trois fois président de l’Assemblée nationale et cinq fois candidats à l’élection présidentielle dans notre pays a presque tout vu. Je crois que c’est l’audace et la sagesse qui ont pesé dans la création de l’Union Progressiste le Renouveau et c’est la démocratie béninoise qui gagne.

Vous êtes membre de ce nouveau parti. Comment se déroule la cohabitation sur le terrain entre les anciens UP et les anciens PRD dans la 20ème Circonscription électorale ?

Dans la 20ème Circonscription électorale composée des Communes d’Adjohoun, Apkro-Missérété, Avrankou, Bonou et Dangbo, la cohabitation au sein de l’Union Progressiste le Renouveau entre les ex-PRD et les ex-UP se passe très bien. Je puis même dire que ce n’est pas la première fois que nous travaillons ensemble. La plupart d’entre nous avaient déjà travaillé ensemble avant l’avènement de la réforme du système partisan dans notre pays. A titre illustratif, au cours d’une récente cérémonie de remise d’attestations de fin de formation à 50 jeunes de la commune de Dangbo que j’ai organisée sous le parrainage de l’honorable Justin Agbodjèté, plusieurs ténors de l’ex-PRD comme Maxime Franck Agossou-Vê et Abel Gnité m’ont fortement soutenu. Aussi, des rencontres au sein de la coordination de l’UP le Renouveau de la 20ème Circonscription électorale se tiennent-elles régulièrement.

L’actualité est aussi marquée par un jeu de chaise musicale entre l’UP le Renouveau et le Bloc Républicain avec des démissions et des adhésions tous azimuts. D’aucuns pensent que c’est la conséquence de la réforme du système partisan. Votre avis sur la question ?

Aucune disposition de la loi portant charte des partis politiques en République du Bénin n’oblige un militant à rester à vie dans un parti politique. Nous sommes en démocratie et c’est d’ailleurs l’une des qualités de ladite loi. Certes, les partis politiques sont aujourd’hui plus forts que les personnes qui les composent, mais nous pouvons nous réjouir qu’il n’y en a plus à foison comme dans un passé récent. Les mouvements de démissions et d’adhésions que nous observons ne sont pas un échec de la réforme du système partisan. Aujourd’hui, on démissionne d’un parti pour rejoindre un grand parti et non pour créer le sien. Avant quand quelqu’un démissionnait d’un parti politique, c’était pour aller créer son propre parti. Mais ce n’est plus le cas. Les gens démissionnent d’un parti politique pour rejoindre un autre et cela s’observe le plus au niveau des plus grandes formations politiques aujourd’hui au Bénin. Nous profitons de l’occasion pour remercier le président Patrice Talon pour avoir réussi à soutenir cette réforme majeure pour la consolidation de la démocratie béninoise. Avec le temps, la stabilité reviendra définitivement au sein des formations politiques ; ce qui ne signifie pas que nous n’enregistrerons plus jamais de démission. Nous avons connu l’avènement du renouveau démocratique. Nous sommes à l’heure de la consolidation de cette démocratie.

Et pourtant, les critiques ne manquent pas ?

Les critiques font partie de tout système démocratique. Dans quelle démocratie vous ne verrez pas des opposants ? C’est d’ailleurs ce qui fait la fierté de la démocratie béninoise. Il y a bien la liberté d’expression. Chacun peut se lever et critiquer ce que fait le gouvernement sans être inquiété.

Le passe d’armes entre l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicain ne fragilise t-il pas la bonne entente au sein de la mouvance présidentielle nécessaire pour contrôler la majorité parlementaire et gagner une élection présidentielle ?

Nous n’en sommes pas encore là. Vous avez bien parlé de la mouvance présidentielle. Quand viendra le moment de s’accorder sur des sujets donnés au sein de la mouvance présidentielle, cela se passera sans anicroche. Je dois vous rappeler qu’aux lendemains de la création de l’Union Progressiste le Renouveau, le président Joseph Djogbénou a signé un communiqué au nom du parti et dont la quintessence rappelle la nécessité de maintenir cette cohésion tout en dénonçant toutes les manœuvres visant à compromettre la réforme du système partisan. L’UP le Renouveau n’est donc associée de près ou de loin à la déstabilisation d’un autre parti politique.

Parlons un peu des élections législatives de 2023. Ne craignez-vous pas la guerre de positionnement avec cette vague d’adhésion au sein de l’UP le Renouveau ?

Non ! Au contraire. A mon avis, avec les communales de 2020 qui sont les élections de proximité, on a pu se rendre compte des zones d’influence de chaque parti politique. La Direction exécutive nationale de l’Union Progressiste le Renouveau et le Bureau politique disposent des éléments nécessaires à travers les hommes et les femmes qui les composent pour gérer tout éventuel problème lié aux prochaines élections. Ce que je puis vous dire est que tout sera mis en œuvre pour que l’Union Progressiste le Renouveau gagne hauts les mains les législatives de 2023.

Votre mot de fin

Je vous remercie pour cette opportunité que vous m’offrez pour me prononcer sur l’actualité politique nationale. L’Union Progressiste le Renouveau continue son chemin pour demeurer la plus grande formation politique au Bénin. Nous en sommes fiers et nous croyons à ses idéaux. La jeunesse de notre parti dans tous les départements, toutes les Communes de notre pays est prête à ratisser large dans la perspective des prochaines joutes électorales. Mais il n’y a pas que les législatives de 2023. Il y a aussi les élections générales de 2026 que nous voulons gagner. L’Union Progressiste le Renouveau est le parti politique au sein duquel les anciens politiques montrent la voie aux jeunes . Comme le dit l’adage, c’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle.

Propos recueillis par Karim Oscar ANONRIN

Source : Fraternité

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