Exportation des produits alimentaires bas de gamme vers l’Afrique: Un rapport épingle la France

(Le Bénin serait une grande porte d’entrée)

 

Le rapport intitulé «Les coulisses de l’élevage d’exportation bas de gamme» publié début octobre 2022 par le Réseau Action Climat, Greenpeace et Oxfam révèle des cas d’exportations des produits “très bas de gamme“ vers des pays africains. Le poulet de chair, le porc et la production de lait conventionnel sont les trois produits concernés, selon le rapport.

 

“Si certaines pratiques d’élevage sont plus vertueuses en France que dans la moyenne des pays européens, cela ne doit pas occulter une réalité: une partie de l’élevage français s’intensifie toujours davantage. Cette intensification s’explique notamment par le fait que ces filières se positionnent de plus en plus sur le marché mondial en exportant des produits très bas de gamme, alors qu’en parallèle des importations de produits animaux de plus haute gamme viennent combler une demande intérieure française en évolution“, renseigne ledit rapport. Selon les trois organisations ayant publié le rapport, il s’agit d’une “situation aberrante d’un secteur économique monopolisé par quelques grands groupes agro-alimentaires ayant entraîné les acteurs des filières concernées dans une course folle à la recherche du moindre coût“. L’objectif serait d’exporter des produits bas de gamme qui au final apportent peu de valeur ajoutée en France et ont des impacts sociaux et environnementaux délétères. La présente étude se veut un moyen d’alerter sur les risques de cette stratégie d’exportation et de production. Les trois filières étudiées ont été sélectionnées, selon les auteurs, pour leurs importants volumes d’exportation de produits à faible valeur ajoutée majoritairement dirigés vers des pays en développement. Alors que 42% des produits issus du lait français seraient exportés avec une majorité des co-produits vers les pays tiers (70% des poudres infantiles et 62% des poudres de lait écrémées), 39% des produits porcins français seraient également exportés. “Pourtant, parallèlement, la part des importations de poudres de lait et autres ingrédients secs (lactosérum, caséines, protéines sériques) reste élevée (30% pour les laits en poudre et 45% pour les autres ingrédients), cela étant dû aux dynamiques du marché international et des cours de la poudre“ peut-on également lire.

                      

Quid des impacts…

“Le principal effet négatif découle de la concurrence féroce que génèrent ces exportations vis-à-vis des filières locales des pays concernés. En effet, les produits étudiés ici sont issus de filières intensives plus productives que les filières locales des marchés visés et bénéficient en outre d’un avantage comparatif grâce aux subventions publiques (notamment de la Politique Agricole Commune). De plus, les différentiels de prix entre produits importés et filières locales sont souvent à imputer à des tarifs douaniers peu protecteurs – par exemple le Tarif filières intégralement conçues pour s’implanter à bas coûts sur les marchés en développement, à l’instar des «poulets export». Cette déstructuration des filières locales a des conséquences sociales ravageuses dans des pays où l’élevage joue un rôle économique crucial dans la majorité des ménages ruraux. Au-delà des problèmes socio-économiques que pose cette concurrence des exportations low cost en provenance de pays comme la France, ces pratiques posent des questions éthiques“ renseigne le rapport. Des recommandations ont été également faites pour corriger le tir.

Le Bénin n’est pas à l’abri…

Selon une publication du média journalsantenvironnement.com, le Bénin serait la grande porte d’entrée des produits bas de gamme en Afrique. Parmi les pays en voie de développement gros importateur et consommateur des produits d’élevage bas de gamme, se trouvent le Bénin, le Togo, le Niger, le Gabon, la Guinée-Équatoriale, le Congo, La République démocratique du Congo, la Guinée, la Mozambique et les Comores. “Le Bénin capte à lui seul 28 % de ces exportations et s’impose ainsi comme le 1er pays africain consommateur de ces produits congelés vendus par la France en Afrique, devant le Congo (13 %) et le Gabon (11 %). Au total, note-on dans le rapport, 10 000 à 50 000 tonnes de viande de volailles congelés, 20 000 à 50 000 tonnes de porc et abats congelés, 8 100 000 à 9 900 000 de tonnes de lait en poudre ont été exportés en Afrique de l’ouest principalement au Bénin seulement en 2021. Ces produits de mauvaise qualité sont importés par des commerçants véreux en complicité avec l’Etat censé de veiller à la qualité des produits consommables importés sur son territoire“, précise le média.

A.B

Source : Matin Libre

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