Incapable de réunir les 10% aux communales: Le Prd use de faux-fuyants

Les élections communales et municipales du dimanche 17 mai 2020 se sont soldées par l’inéligibilité du Parti du renouveau démocratique (Prd), à siéger aux conseils municipal et communal dans lesquels le parti a fait bonne performance. Selon le nouveau code électoral, les partis en compétition doivent réunir les 10% des suffrages exprimés au plan national, nécessaire pour jouir de la répartition des sièges. N’ayant réussi à réunir qu’environ 5% des suffrages, le parti  de Maître Adrien, disqualifié pour la répartition, à en croire les résultats définitifs de la Commission électorale nationale autonome (Céna), use d’arguments pour se dédouaner, jetant du discrédit sur le scrutin et les lois qui ont servi à son organisation.

Au lendemain de la proclamation des résultats, en effet, le Prd s’est fendu d’un communiqué faisant constater par ses électeurs, des pratiques contraires à une élection libre, transparente et équitable, pour justifier sa piètre performance au plan national. Le communiqué a également fait pointer du doigt, le critère d’éligibilité inscrit dans la loi 2019-43 du 15 Novembre 2019, portant Code électoral en république du Bénin, votée par l’Assemblée nationale, 8ème législature, devenue loi de la République, qui aurait compromis le rêve d’infléchir la gouvernance locale au Bénin. De faux-fuyants dont se targue la direction du parti qui refuse de voir la réalité en face. Les Tchoko-Tchoko,  au lieu de poser le vrai diagnostic, tirer les leçons qui s’imposent pour repartir d’aplomb, se contentent du justifier leur défaite par des allégations, frisant l’attitude d’un mauvais perdant.

Sinon, que restait-il concrètement du Prd avant les communales quand on sait que la plupart de ses ténors ont rejoint soit l’Union progressiste (Up), soit le Bloc républicain (Br)? Au lendemain du refus du président du parti d’appartenir au Bloc républicain dont il était pourtant membre fondateur, plusieurs pontes du parti ont rejoint les deux blocs de la mouvance présidentielle, vidant pratiquement le Prd de sa substance. Et même avant ce départ massif, que valait le Prd au plan national, si ce ne sont ses fiefs de l’Ouémé-Plateau et une partie du Littoral qui étaient les régions pourvoyeuses de ses élus ? De quelle assise nationale jouissait le parti ? Avant le calcul du quota des 10% imposé par le Code électoral, qu’a fait le parti arc-en-ciel comme score au plan national puis dans ses fiefs d’alors ? Et pourtant un parti orphelin comme la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), sérieusement déstructuré à la veille des élections, a réussi à glaner des voix, même si ce sont des miettes, dans la partie méridionale, tout en mettant le paquet dans les Collines et le Nord. Qu’a pu faire le Prd ? Au-delà des 10% mis en index ici par le Prd, n’y-a-t-il pas lieu de trouver les vrais mobiles pour ne plus tomber dans les mêmes travers, peut être aux prochaines joutes ? N’est-il pas temps d’écouter les aspirations profondes des militants quant à la gestion et aux prises de positions du parti.

Au-delà des soupçons et autres incriminations des lois que les élus du parti ont pourtant participé à voter, le Prd a tout intérêt à redorer son blason, en vue de s’inscrire dans la modernité et s’adapter à la nouvelle donne politique au Bénin.

 

Thomas AZANMASSO

Source : Matin Libre

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