Indemnisation des victimes de casses à Ganhi et sur la route des pêches: Ce qui est reproché au gouvernement

Le gouvernent a pris la décision de relogement et accompagnement social des pêcheurs installés au sud de la Route des pêches et des occupants des sites à aménager au quartier Xwlacodji à Cotonou. Si la décision en elle-même est saluée par l’opinion publique, il n’en demeure pas moins que certaines personnes dénoncent une décision qui semble manquer de réalisme.

 

C’est au cours du dernier conseil des ministres que le gouvernement béninois a décidé du relogement et accompagnement social des pêcheurs installés au sud de la Route des pêches et des occupants des sites à aménager au quartier Xwlacodji à Cotonou.  En effet, le gouvernement va apporter un soutien aux populations concernées à travers le relogement, sur deux autres sites, des 853 unités d’habitations constituant l’ensemble des villages de pêcheurs  à déplacer.  Aussi, un appui financier sous forme de primes de compensation est-il prévu pour être apporté aux personnes affectées par ces travaux, en vue de faciliter leur réinstallation sur les nouveaux sites.  Ces mesures d’accompagnement induisent selon le communiqué du conseil des ministres,  le décaissement d’une somme de 3.461.803.000 FCFA que le ministre de l’Economie et des Finances mettra à disposition. Le porte-parole du gouvernement, appuyé par le ministre du cadre de vie et du développement durable, José Tonato est revenu sur le bien-fondé de cette réforme qui relève du « hautement social » annoncé par le chef de l’Etat à sa prestation de serment pour le second mandat, en mai 2021. Selon les propos de Wilfried Léandre Houngbédji, à l’assistance financière va s’ajouter l’attribution d’un lopin de terre sur un espace identifié et en cours d’assainissement pour les victimes.

Manque de prévisibilité

Si cette décision d’indemnisation qui tranche avec les pratiques connues par le passé dans les opérations de libération de l’espace publique, est saluée par certains, pour d’autres, l’action du gouvernement manque de prévisibilité. En effet, l’opération de déguerpissement est menée en pleine saison pluvieuse. En dépit des annonces faites en vue d’apporter l’information aux populations, l’opération manque de finesse selon certaines langues. Elles reprochent au gouvernement de n’avoir pas pris des mesures en amont, pour le relogement effectif des populations, la décision de l’indemnisation et d’octroi de parcelle étant intervenue après-coup. Les craintes exprimées par les populations concernent également l’éventualité de la non utilisation des fonds pour les fins prévues. L’opération étant réalisée et des besoins s’étant créés, il est à craindre que les fonds octroyés soient utilisés par les concernés, à d’autres fin que le relogement. Ce qui contribuera à faire d’autres cas sociaux à gérer après-déguerpissement. La communication qui entoure l’indemnisation fait douter par ailleurs de la bonne foi du gouvernement par les populations qui y voient une décision politique et s’interroge sur sa concrétisation. Vu le grand retard qu’a connu l’action et les préjudices subis par la population à déplacer, du fait de la précipitation qui semble entourer le déguerpissement, le gouvernement est appelé à rassurer.

 

Mike M. 

Source : Matin Libre

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