Insertion socioprofessionnelle des jeunes : ReDEJ-Littoral dresse un état des lieux

L’univers de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes du département du Littoral encore en souffrance. Les membres du réseau départemental de la société civile pour la promotion de l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes au Bénin (ReDEJ-Littoral) se sont retrouvés ce mercredi 2 novembre 2022 au siège de l’association à Cotonou au détour d’un atelier. L’objectif était d’analyser et de valider une étude sur l’insertion socioprofessionnelle des jeunes du Littoral.



« Sur les 150 jeunes enquêtés, 3 (02%) qui sont en auto-emploi, 2 (1%) sont employés dans le secteur privé, 6 (4%) sont en formation et 139 (93%) restants sont sans emploi ». C’est la substance de l’enquête menée par le ReDEJ-Littoral sur l’état de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes à Cotonou. Présenté par Fortuné Codo, consultant en gestion, ce rapport révèle que les jeunes en quête d’emploi sont confrontés à de nombreuses difficultés. Au nombre de ces problèmes, figurent en bonne place le manque d’opportunité d’emploi, le manque d’expérience, l’inadéquation de la formation par rapport au profil recherché, le manque et le non-accès aux informations sur les opportunités d’emploi. L’enquête énumère également comme obstacles majeurs à la vie des demandeurs d’emploi, le manque de considération, le non-paiement régulier du salaire par les employeurs et le manque de moyen de déplacement.

Dans le sous-secteur de l’auto-emploi, le document a aussi dressé un tableau sombre. Les jeunes qui s’engagent à travailler pour leur propre compte sont souvent en butte à des soucis tels que le manque de connaissance du milieu, le manque de moyens financiers pour payer des outils et matériels de travail afin d’ouvrir un atelier sans oublier les cas de maternité précoce.

L’absence de dispositif d’accompagnement en entrepreneuriat et le manque de formation en gestion sont aussi des problèmes mis en lumières par le document.

Niveau d’instruction trop faible

Des statistiques fournies par les enquêteurs, il ressort que beaucoup de jeunes sont peu instruits pour affronter un monde professionnel décent. Selon Fortuné Codo, 14,7% des jeunes enquêtés ont un niveau d’instruction supérieur, tandis que 10% ont atteint le secondaire. « Le niveau d’instruction le plus élevé est le master », relève le texte. Sur la situation socioprofessionnelle, des chiffres sont effroyables.

Les enquêteurs livrent que « Plus de 57% des 150 enquêtés n’ont aucun statut socioprofessionnel, 20,7% sont en emploi indépendant, 15,3% sont au chômage, 3,3% sont des salariés et la même proportion travaille en tant que patron ». Le rapport a aussi mis en exergue les caractéristiques sociodémographiques des jeunes sans emploi. « 139 jeunes sur 150 sont sans emploi dont 73 (53%) sont des filles/femmes contre 66 garçons (47%) », peut-on lire dans le document qui indique que parmi ces jeunes, 76% sont célibataires. De ces statistiques sociodémographiques, il faut retenir aussi que 10 jeunes (7%) sans emploi se trouvent en milieu rural et le reste en milieu urbain.

Longue souffrance

L’étude s’est aussi penchée sur la durée du chômage des jeunes demandeurs d’emploi. Si certains font 1 ou 2 ans avant de trouver un job, d’autres prennent au moins 3 à 7 ans avant d’être soulagés. Pour y parvenir, les jeunes utilisent plusieurs stratégies à savoir le recours aux relations personnelles, la réponse aux appels à candidature et le recours directement aux employeurs. Cette étude estime néanmoins que les jeunes sont aussi, dans une certaine mesure, la cause de leur malheur. « Les jeunes ont une part de responsabilité dans l’échec de leur insertion socioprofessionnelle du fait de leur manque de volonté et d’initiative et de leur propension à la facilité », justifie ce rapport

Au sujet des services publics d’insertion professionnelle, 77 % des jeunes interrogés méconnaissent leur existence. Tout de même parmi eux, rapporte cette recherche, 15,33% ont reconnu en avoir entendu parler.

De nombreuses recommandations ont été aussi faites dans le sens d’améliorer l’écosystème de l’insertion socioprofessionnelle pour les jeunes. Ces recommandations touchent les facteurs favorisant l’insertion socioprofessionnelle, les obstacles, les opportunités et accès au marché de l’emploi.

S’agissant des facteurs favorisant, les enquêteurs proposent, entre autres, de développer une collaboration et une synergie d’actions entre les acteurs d’appui à l’insertion professionnelle des jeunes.

Par rapport aux divers obstacles, il est recommandé de réformer les systèmes de formation (adéquation, formation, emploi et contexte évolutif). Il faut aussi, selon le rapport, sensibiliser les filles ou les femmes sur la nécessité de privilégier leur formation et de ne pas tomber dans le piège des grossesses non désirées pendant le déroulement de la formation.


Sur le volet entrepreneuriat, les enquêteurs recommandent aussi de renforcer les capacités d’autonomisation des filles et faciliter l’accès au financement.

Mis en œuvre par le ReDEJ-Littoral avec le soutien de l’organisation Education Internationale et ses partenaires, le réseau national de la société civile pour la promotion de l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes au Bénin (RenEJ) et FAWE, le projet « Ma formation, Mon métier, Mon avenir (3M) » vise à renforcer le pouvoir économique des jeunes hommes et femmes béninois vulnérables.

A en croire Aline Adjibi Dato, présidente de ReDEJ-Littoral, cette étude menée a pour but principal de réduire les obstacles liés à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. “Jeter les bases sur les points d’actions à mettre en œuvre dans les années à venir”, a-t-elle martelé. Madame Dato a précisé que tous les 12 départements du Bénin sont concernés en vue d’élaborer la stratégie d’insertion socioprofessionnelle des jeunes au Bénin.

Joël SEKOU (Coll)

Source : Fraternité

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