‘’L’accusé de Okouta’’: L’autre miroir livresque de la destination Bénin

(Une clé pour le tourisme…)

L’acteur culturel et gestionnaire de patrimoine, Comlan Pacôme Alomakpé a choisi la date du samedi 14 mai 2022 et l’espace culturel ‘’Africa Sound City’’ de Cotonou pour gratifier les amis bibliophiles béninois et d’ailleurs d’un recueil de nouvelles intitulé ‘’L’accusé de Okouta’’. Et un tour dans les lignes de cette belle œuvre associe le lecteur à l’admiration d’une scène sociétale particulière avec à la clé l’émerveillement d’un paysage et de mœurs singulières.

 

Le jeune écrivain s’est servi juste d’un prétexte pour tromper la vigilance. ‘’Okouta’’, une contrée imaginaire jonchée de collines aux divinités presque sévères, la cité d’hypnose. L’incipit (les premières phrases) du livre s’ouvre par là  pour livrer sur le personnage principal, Adambi, sur un plateau de cinéma gratuit, où il est en confrontation avec les divinités et est mis en proie au charme du paysage de Okouta, la cité mythique et mystérieuse. C’est là tout le prétexte de Comlan Pacôme Alomapké dont le projet esthétique est ailleurs lorsqu’on s’intéresse davantage à l’intrigue de ses récits.

   L’intention à travers cet ouvrage publié aux Editions ‘’Savane du continent’’ est d’attirer l’attention du lecteur sur toutes les dimensions captivantes du Bénin, que cela soit au plan social, politique, culinaire, artistique et culturel en général. Un recueil de cinq(05) nouvelles qui met en relief les atouts touristiques, culturels et patrimoniaux d’un pays dont la culture foisonne de valeur, le Bénin.  Le gestionnaire de patrimoine, Comlan Pacôme Alomakpé,  n’a pas trouvé d’autres moyens que de commencer par accrocher le lecteur, dès l’entrée de son livre, par le paysage anecdotique de Okouta, où colline et vallée cohabitent dans une symphonie émouvante avec la verdure et les divinités qui témoignent du cachet spécial et de la renommée de l’espace décrit. Le Bénin,  pays de Vodoun. Une formule pour le jeune nouvelliste pour servir de l’eau à son lecteur et aiguiser sa curiosité sur ce qu’il pourrait découvrir après sa lecture s’il entreprend de prospecter le Bénin à travers des visites de site. D’ailleurs, l’image qui figure à la première de couverture de l’œuvre, affichant un jeune homme accroché à un piquet en bambou et s’apprêtant à exécuter une danse mystique, est bien illustratif. «Cette image cache l’idée d’une jeunesse active, créative qui fait des efforts. Une jeunesse qui s’accroche à des valeurs culturelles pour gravir les échelons d’une vie sociale pour se hisser dans le firmament de la réussite et de la gloire. Vous savez cette image présente une danse qu’on appelle la danse au bambou. Et pour l’exécuter vous grimpez le tronc d’un bambou qui peut aller jusqu’à deux ou trois mètre en altitude et c’est une fois au sommet que vous dansez » analyse l’auteur lui-même. Et là-dessus, il ne donne qu’un premier aperçu sur tout ce qu’on pourrait lire derrière cette image et le contenu de son œuvre.  « Pour écrire cette œuvre, j’ai commencé en 2015 sur la base des réalités socio politiques, culturelle et économique du pays. Alors j’ai commencé par accoucher de petits textes, de petites histoires autour de cet idéal de valeur et principes que je voulais défendre à travers le livre. Banalement cela m’a occupé pendant trois ou quatre ans avant que je n’arrive à véritablement finir d’écrire tout le manuscrit» va-t-il retracer pour indiquer clairement sa vision de proposer la destination  Bénin dans une vitrine dorée sur le marché touristique mondial.  Cette œuvre enchaîne bien de noms de lieux très bien connus au Bénin avec les merveilles naturelles dont ils regorgent afin d’apporter au lecteur la raison d’une envie pressante et saisissante d’aller découvrir de très près la réalité. En témoigne le pan de l’histoire où le personnage Odoun, étudiant, affiche son opulence et s’offre en spectacle dans un amphithéâtre de « l’université de Parakou situé dans les encablures du grand marché Azerèkè ». Parakou, le nom d’une ville à statut particulier du Bénin bien connu et le Marché Azrèkè situé au cœur de cette même ville, l’auteur a fait exprès d’en citer et d’en proposer des descriptions chatouillantes  pour susciter dans le cœur du lecteur le désir de s’y rendre. Bien entendu, il en a fait autant pour d’autres localités et les richesses culturelles qui s’y trouvent. « J’ai voulu rendre le livre utilitaire en le rendant plus accessible pour qu’en lisant, les gens se retrouvent à travers des paysages, des sites, des biens et des objets qui sont proches à leur culture. Et ce livre je l’ai dédié aussi à la promotion du patrimoine culturel ».

Au détour donc d’un récit à cheval entre la fiction et la réalité, ce qui caractérise bien une nouvelle, l’écrivain en  profite pour relater dans un style fluide et digeste le passé politique récent du Bénin avec pour soubassement l’implication du monde estudiantin, couronnée par la variété de vices et de violences. L’auteur, au travers de quelques biscuits satiriques, a donné l’opportunité au lecteur de regarder le film d’une destination Bénin joyeuse, paisible et animé  partagée entre les égarements et la convivialité.  C’est un ouvrage qui se laisse lire d’un seul trait, puisque l’écrivain a cousu l’ensemble de ses récits avec une plume facile.  Il offre une vue panoramique sur la valeur intrinsèque du Bénin au plan culturel et surtout touristique.  Ce livre ‘’L’accusé de Okouta’’ est le fruit d’une expérience concluante à laquelle le jeune écrivain a participé en 2014 où il faisait partie des cinq lauréats. Il s’agit du concours national de la littérature dénommé ‘’Plumes dorées’’ initié par les éditions Plurielles que dirige Koffi Attedé.

 

Teddy GANDIGBE   

Source : Matin Libre

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