Lancement du Projet ODJA: Une opportunité de maîtrise des outils de communication des start-up de Parakou

C’est la salle de conférence de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin de Parakou CCIB, qui a abrité le vendredi 28 Octobre 2022 dernier, la cérémonie de lancement du projet ODJA qui vise à accompagner des entreprises dans le domaine de la communication.

 

Ce projet vise à mettre la lumière sur les entreprises sélectionnées afin de leur donner plus de visibilité. Le projet ODJA est une initiative de l’agence de communication Les Angles d’Afrique Sarl et la Pépinière MAYODI, qui ont bénéficié de l’accompagnement technique de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin. Selon Yolande Dedjinou, spécialiste de projets et développement local, juriste et coordinatrice du projet ODJA, la collaboration entre ces deux entreprises initiatrices du projet, n’est pas le fruit du hasard mais une union bien étudiée au préalable et qui vise des objectifs précis : «Trois choses nous ont motivé à nous associer, la première c’est notre engagement à accompagner 50 entreprises d’ici cinq ans dans la compétitivité. C’est pour nous un défi de combler le vide qui existe entre les entreprises du nord et dans le sud, parce que si vous regardez dans les statistiques, il y a beaucoup d’éléments qui diffèrent entre les entreprises du nord et du sud. Le comble encore c’est le rapport sur la compétitivité de la CCIB qu’on a à peine sorti, qui a montré que la question de la communication, de l’accès aux outils digitaux, a un impact sur les entreprises du  nord que sur les entreprises du sud peut-être parce qu’elles n’ont pas de formation allant dans ce sens ou bien peut-être parce que les outils de communication ne sont pas encore à leur disposition comme il le faut. L’autre chose, c’est parce que quand vous venez dans un environnement et que vous voulez aller tout seul, vous allez bien mais quand vous allez ensemble, vous allez vite et sûr. Et c’est pour cette raison que nous nous sommes associés à Angle d’Afrique, parce que Angle d’Afrique a de l’expérience en matière de communication et nous avons de l’expérience en matière d’accompagnement des micros et petites entreprises. La dernière raison est que nous nous sommes dit tous les deux, que si nous accompagnons 5 entreprises, qui plus tard deviennent de grandes entreprises, elles pourraient nous servir à payer l’impôt parce que nous sommes un pays pour le moment fiscal et par conséquent, nous ne pouvons que compter sur la création de richesse de ces entreprises-là. Si une entreprise se développe, c’est notre pays qui se développe et c’est une fierté pour moi. C’est pourquoi nous nous sommes associés ».

La première phase de ce projet se déroulera dans les six prochains mois, avec quinze 15 entreprises startups de Parakou et environs, qui ont été sélectionnés sur la base des critères bien définis. Elles bénéficieront pendant cette première phase, d’un accompagnement sur le plan communicationnel afin de leur permettre d’augmenter leur visibilité sur les réseaux sociaux et d’accroitre d’emblée, leurs chiffres d’affaires. Yolande Dedjinou, coordinatrice du projet renchérit : « C’est une stratégie d’accompagnement personnalisé. Personnalisé dans le sens intitulé entreprise, pas général comme on le fait. Nous avons commencé avec des entreprises qui sont engagées parce qu’elles étaient prêtes à apporter leur pierre à l’édifice en donnant une souscription financière pour pouvoir être accompagné et cela dénote de leur engagement. L’autre chose est que quand l’objectif n’est pas clair, la suite n’est pas effective. Nous allons faire un diagnostic communicationnel, et un diagnostic personnalisé de chaque entreprise, et c’est l’étape que nous avons déjà commencée. Et c’est à la fin de cette étape là que nous allons savoir s’il faut élaborer un plan de communication pour telle entreprise ou s’il faut lui élaborer une stratégie de communication. Et c’est après l’élaboration de ces documents que, nous allons leur montrer comment on exécute un plan de communication. Quant à eux, s’ils voient que ça a d’impact sur leur entreprise, de continuer peut-être avec nous ou avec d’autres entreprises, mais au moins on saura qu’avec cet outil qu’ils ont dans la main, c’est parti pour au moins un an parce que ce sont des plans de communication d’un an que nous voulons leur mettre à disposition ».

Contenu de la formation

Il faut préciser que ces jeunes entreprises n’auront pas accès à un accompagnement financier en dehors du coaching, des formations et autres appuis dans le domaine de la communication. Yolande Dedjinou nous donne plus de précisions : « Pour le moment, il n’y a pas d’appui financier. Mais nous savons que des partenaires vont nous rejoindre parce que l’appui financier n’est pas forcément ce dont une entreprise a besoin. Parce que ça, c’est de l’appui financier, accompagner une entreprise pendant six mois dans la communication, parce que là, c’est du concret. Et pour chaque entreprise, le coût est de un million huit cent mille, et nous avons 30 entreprises. Nous allons mettre à disposition, le plan de communication, les visuels, les flyers, et nous allons amener leur communauté digitale à acheter leurs produits. Auparavant avec eux, nous allions vers les clients, mais maintenant, nous allons leur montrer comment le client peut les voir facilement lorsqu’il les cherche et comment ils peuvent interagir avec le client pour pouvoir booster leurs chiffres d’affaires et développer leur entreprise. ». Quant aux bénéficiaires, sur le visage desquels on lisait une joie immense, c’est une chance inestimable pour eux d’être retenus pour un projet aussi innovant qui leur donne l’opportunité de faire connaitre leurs produits et services au monde entier.

Viviane Avohou, représentante des bénéficiaires témoigne sa reconnaissance aux initiateurs du projet : « Au-delà de la visibilité, de la communication que nous propose ce projet ODJA, nous avons un coaching, des formations, des accompagnements qui nous aident depuis le branding de nos produits jusqu’à la distribution. C’est tout cela qui m’a intéressé et j’ai milité pour être retenue dans la première cohorte. Déjà, félicitations parce que dans l’Afrique et spécialement au Bénin ; il est rare de voir des entrepreneurs ou des financeurs typiquement béninois. Nous attendons toujours de l’aide extérieure ou des grandes institutions. Mais aujourd’hui, nous avons un projet ODJA, qui est soutenu par deux institutions qui sont purement de la place, et cela m’a beaucoup conforté parce que j’ai compris que l’Afrique fait son propre développement. J’aimerais donc remercier les responsables, les coordinateurs et toute l’équipe de ce projet ».

Lorsqu’on parle de projet, on parle de discipline, de rigueur, de connaissances, d’imprévus et surtout de garantie pouvant justifier de la capacité de l’équipe pilote, de mener ce dernier jusqu’au bout. Victor Tossa, directeur technique de Les Angles d’Afrique, nous parle des garantis dont dispose l’équipe pilote du projet pour son bon déroulement : « La garantie dont nous disposons, c’est déjà la volonté et le travail. Les deux entreprises qui se sont mis ensemble sont motivées et seront disponibles pour accompagner ces jeunes entreprises, c’est ça notre garantie. Nous n’avons pas de partenaires, nous comptons sur nos propres connaissances et nos expériences que nous allons partager avec ces jeunes entreprises afin que demain, qu’ils puissent s’imposer sur le marché ». Plus loin, il dévoile ses attentes et profite pour lancer un appel à l’endroit des bénéficiaires et des autres entreprises toujours réticentes : « La durée du projet est de six mois. Et le résultat espéré est qu’au terme du projet, que nous puisons avoir des entreprises qui puissent s’imposer sur le marché, multiplier leur portefeuille client et pourquoi pas leur chiffre d’affaires. L’appel que nous lançons au niveau des entreprises sélectionnées c’est d’être sérieux et surtout d’appliquer toutes les stratégies que nous allons partager avec eux. Parce qu’une chose est sûre, on peut beau partager des choses avec quelqu’un mais si la personne ne les applique pas, ça ne va marcher. Donc, c’est de se prendre au sérieux, c’est leurs entreprises qui veulent grandir, ils ont intérêt à nous écouter et à écouter tous ceux qui vont travailler avec eux. Pour les réticents, je dirai que d’ici quelques mois ils verront les résultats et pour les prochaines fois, ils ne vont pas hésiter à se lancer ».

Pour Adjemoti Antoine, coordinateur régional de la CCIB Borgou/Alibori, c’est une grande joie et une fierté de voir ce projet innovant lancé, et un grand plaisir pour la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, qui s’engage à accueillir et à accompagner à bras ouverts, davantage de projets qui visent l’émergence des jeunes entreprises : « La CCIB est disponible à tout moment, à accompagner tout ce qui est PME voire les entreprises en voie de développement. Donc, notre souhait, c’est de les voir grandir, accroitre leurs nombres, de les formaliser. Ceci dit, c’est déjà une chance pour nous de voir quelqu’un qui réunit les entrepreneurs et qui cherche à leur donner plus de visibilité. Nous autres voulons voir les entrepreneurs grandir, nous voulons voir ces entrepreneurs nous offrir de bons projets soutenables. C’est surtout ça qui nous motive dans tout ce que la coordinatrice a développé ». Pour finir, il adresse ses encouragements aux initiateurs du projet et lance un appel pour le soutien du projet ODJA : « elle nous a dit qu’elle est en train de partir avec une quinzaine, voire d’ici trois mois, aller avec une trentaine. Nous l’encourageons et notre souhait d’ailleurs est d’aller petitement et bien. Je pense que nous devons encourager le projet ODJA, nous devons encourager les initiateurs qui toujours, veulent voir innover, veulent voir grandir, veulent voir prospérer les petites et moyennes entreprises », a-t-il souhaité.

 

Albérique HOUNDJO, Br/Borgou-Alibori

Source : Matin Libre

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