Le 18e sommet de la Francophonie marqué par les vives tensions entre le Rwanda et la RDC

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est sur le point de prendre fin à Djerba, en Tunisie. Les chefs d’États et de gouvernement ont évoqué la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une résolution doit être adoptée sur le sujet, mais en coulisses, la Francophonie est une nouvelle fois menacée de cacophonie.

Depuis le début de ce sommet, la tension est palpable. Du côté de la délégation congolaise, on estime qu’il y a, dans ce dossier, un parti pris de la secrétaire générale de l’OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo.

« Elle est un peu sortie de sa neutralité », nous disait, ce dimanche matin, un membre de la délégation congolaise qui accuse Louise Mushikiwabo de prendre « fait et cause pour le Rwanda », ce qui, selon lui, « donne une indication que l’organisation qu’elle dirige ne peut véritablement jouer un rôle dans la résolution de la crise ».

Ces propos font référence à une interview que la secrétaire générale a accordée à nos confrères de TV5, au premier jour du sommet. Louise Mushikiwabo a déclaré dans cette interview qu’il y a « des éléments en RDC, juste à la frontière du Rwanda, qui sont une menace pour la sécurité du Rwanda. Est-ce qu’on peut retourner sur les accords qui existent depuis plus de 10 ans et les mettre en application ? C’est une question de volonté politique. C’est aussi simple que ça ».

Des propos qui ne passent pas du tout côté congolais. « Nous avons simplement exprimé qu’en tant que secrétaire générale, Louise Mushikiwabo a un rôle de neutralité et que sur des questions qui concernent le Rwanda, même si elle est ressortissante, elle devrait garder de la hauteur et rester au milieu sans prendre parti », a déclaré le Premier ministre congolais Sama Lukonde au micro de RFI.

Alors, face aux soupçons de parti pris, la porte-parole de la secrétaire générale, Oria Vande weghe, le dit : « Oui, Louise Mushikiwabo a été ministre des Affaires étrangères de son pays, mais aujourd’hui, elle ne l’est plus. Elle représente 88 États et gouvernements. C’est certes délicat à gérer, mais c’est la réalité du multilatéralisme », estime-t-elle.

La RDC boycotte la photo officielle

On a pu sentir cette tension dès l’ouverture du sommet puisque Sama Lukonde, a boycotté la photo officielle des chefs d’États et de gouvernement. Du côté de la délégation congolaise, on explique que « c’est un signe voulu de désapprobation ». « On ne peut pas nous afficher sur une photo avec le président Paul Kagamé » qui lui était bien présent, nous disait une source.

Rappelons également que le président congolais, Félix Tshisekedi n’a même pas fait le déplacement, alors que la RDC est pourtant le plus grand pays de la Francophonie. Là aussi, poursuit le membre de la délégation congolaise avec qui nous avons pu nous entretenir « c’est un message que nous avons voulu passer et nous allons continuer de faire passer des messages de ce genre ».

Ainsi, ce sommet n’aura pas vraiment permis d’apaiser les tensions entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. La RDC doit accueillir, en 2023, les prochains Jeux de la Francophonie.
Source : rfi

Source : Fraternité

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