Les défis sécuritaires au cœur d’un rapport de l’Institut d’études de géopolitique appliquée

« Le Maroc : quel statut vis-à-vis de la France et de l’Europe ? », c’est le titre du dernier rapport de l’Institut d’études de géopolitique appliquée sur le Sahara marocain. A travers ce rapport publié en novembre 2022, l’institut aborde plusieurs problématiques, notamment, les défis sécuritaires et migratoires du Maroc : l’approche globale et multidimensionnelle du Royaume.

Les défis sécuritaires et migratoires du Maroc, et l’approche globale et multidimensionnelle du Royaume sont au cœur du nouveau rapport de l’Institut d’études de géopolitique appliquée.

Manon Chemel et Alexandre Negrus, auteurs de ce rapport présentent le Maroc comme « l’un des pays pionniers dans la lutte antiterroriste ». Par son approche multidimensionnelle, le Royaume selon ces auteurs a su depuis 2003, innover en matière de contreterrorisme, prévention de la radicalisation et d’entrave à la menace sécuritaire en provenance de groupes comme al-Qaïda ou encore l’État islamique qui, par leurs actions, opèrent une véritable déstabilisation à la fois régionale et internationale ; entraînant l’apparition d’une menace projetée et la multiplication de pléthore de nébuleuses affiliées à ces deux groupes.

« Le terrorisme étant à la fois un phénomène mouvant et protéiforme, les services de renseignement marocains et les différents acteurs de la lutte antiterroriste ont dû réadapter à la fois leur arsenal sécuritaire, judiciaire et préventif. En cela, le Maroc a su répondre à cette menace évolutive et apporter son concours à l’échelle internationale dans la neutralisation, l’éradication de cellules terroristes et dans l’échange d’informations sur des auteurs d’attentats », ont-ils expliqué.

Ainsi, le Royaume du Maroc apparaît dès lors comme un acteur incontournable dans l’architecture de sécurité européenne.

Au sujet de l’évolution de la menace exogène et les risques pour la sécurité intérieure marocaine, Manon Chemel, Alexandre Negrus estiment que « depuis les attentats du 16 mai 2003, le Maroc a adopté une approche globale, intégrée et multidimensionnelle, dont les mots d’ordre sont la vigilance et l’anticipation. […] Deux principes qui sont aujourd’hui fondamentaux face à la menace du Sahel ».
Engagé auprès de ses partenaires de la coalition internationale contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, le Maroc est devenu selon ces auteurs, une cible pour la « mouvance djihadiste ». En témoignent les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. Ces attaques pour eux, marquent en effet la fin de « l’exception marocaine » où les terroristes ne frappaient pas le Royaume. « Ces attentats ont été perçus comme une onde de choc au sein de la société marocaine et des services de sécurité marocains qui étaient parvenus jusqu’alors à contenir efficacement la menace. Depuis 2003, la lutte antiterroriste marocaine a été totalement repensée. Suite à ces attaques, le Maroc a réalisé que pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme religieux, il était nécessaire d’élaborer une stratégie de lutte antiterroriste et de prévention de la radicalisation multidimensionnelle et inclusive », ont-ils souligné.

Les auteurs du rapport soulignent que cela a donné naissance à une nouvelle pensée stratégique accompagnée de mesures globales appropriées au nouveau contexte sécuritaire, et aux évolutions de la menace terroriste.

Ces attaques selon eux, ont en outre reconfiguré l’arsenal sécuritaire marocain en donnant naissance à une nouvelle approche sécuritaire qui continue de montrer son efficacité à travers le nombre de cellules terroristes démantelées sur l’ensemble du territoire marocain. « Cette approche marocaine en fait un acteur stratégique et lui confère une légitimité qui se traduit notamment par la tenue à Marrakech, le 11 mai 2022, de la réunion de la coalition internationale contre Daech, qui a permis de mettre en exergue l’importance d’une approche multilatérale dans la lutte contre le terrorisme », ont soutenu Manon Chemel et Alexandre Negrus.

Ces auteurs dans leurs analyses n’ont pas occulté l’arsenal juridique adopté pour encadrer la lutte antiterroriste dans le royaume chérifien. « Il y a eu une modernisation de cet arsenal juridique avec la loi 03.03 de 2003 relative à la lutte contre le terrorisme et son financement. Des amendements ont été apportés avec la loi 86.14 sur le phénomène des combattants terroristes étrangers car il n’y avait pas que des Marocains qui étaient concernés », ont-ils indiqué.

Depuis, le Royaume est confronté à de nouveaux défis, notamment en raison du nouvel acteur que constitue l’État islamique et des différents théâtres d’opération où les groupes terroristes prolifèrent à l’instar du groupe al-Qaïda et ses affidés ainsi que des groupes affiliés à l’État islamique – notamment en provenance de la zone irako-syrienne et du Sahel.

Les questions relatives à la menace terroriste en provenance de la bande sahélo-saharienne et de la zone irako-syrienne, et la coopération policière et judiciaire entre le Maroc, l’Europe et les États africains ont été évoquées dans le rapport de l’Institut des études de géopolitique appliquée.

F. A. A.

Source : 24 Heures au Bénin

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