Les résultats de l’étude présentés aux décideurs et acteurs du secteur

Le Laboratoire d’Analyse Régional et d’Expertise Sociale (LARES) et l’Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR) ont organisé jeudi 4 mai 2023 à la salle des fêtes Espace divine du centre de promotion de l’artisanat à Cotonou, un atelier de restitution des résultats d’une étude portant sur déterminants socio-culturels, économiques et environnementaux de l’assainissement, en particulier de la gestion des boues de vidange et leurs influences sur les politiques d’assainissement au Bénin. L’objectif est de partager et de vulgariser les résultats de l’étude avec les décideurs et acteurs du sous-secteur de l’assainissement.

« L’objectif général de cette étude est d’analyser les déterminants de la gestion durable des boues de vidange (BV) et leur influence sur les politiques d’assainissement au Bénin », a rappelé Manzid Saliou dans sa présentation des résultats de l’étude.

Pour aboutir à des données claires et exploitables, l’équipe de chercheurs a analysé les comportements socio-culturels liés à la défécation, aux excrétas, à la gestion des boues de vidange et à l’assainissement puis les déterminants économiques et environnementaux de la gestion des boues de vidange avant de déterminer les relations de causes à effets entre les déterminants et les politiques d’assainissement au Bénin.

Au plan mondial, 4,2 milliards de personnes, soit 55% de la population mondiale, ne disposent pas de services d’assainissement gérés en toute sécurité selon le rapport du Joint Monitoring Program 2019 (OMS/UNICEF 2019). Et 75% de la population en Afrique de l’Ouest vit encore sans installations sanitaires adéquates et déversent les déchets dans l’environnement. Cela créé d’important problèmes sanitaires et environnementaux et préoccupe les gouvernants et partenaires au développement.

D’après les résultats de l’enquête démographique et de santé (Eds) réalisée entre 2017 et 2018, la gestion des boues de vidange constitue, également au Bénin, un défi majeur pour les communes car en dehors de la défécation qui se fait à l’air libre pour des raisons d’insuffisance de latrines familiales, le dépôt des boues de vidange est quasi-systématique dans la nature ou dans des champs sans aucun traitement préalable. Pourtant, l’Eau, l’Hygiène et l’Assainissement constituent des éléments primordiaux et des enjeux majeurs intervenant systématiquement dans le développement de toute nation.

C’est dans la dynamique d’améliorer les stratégies et politiques pour une gestion sûre de l’assainissement et d’être au rendez-vous des Objectifs de développement durable (Odd) à l’horizon 2030, que le LARES et l’IPAR co-gestionnaires du projet de recherches sur les politiques d’assainissement en Afrique ont réalisé l’étude sur l’analyse des déterminants socio-culturels, économiques et environnementaux de l’assainissement notamment la gestion des boues de vidange et leurs influences sur les politiques d’assainissement au Bénin.

« Cette étude est réalisée pour essayer de construire et de maintenir un leadership politique pour une gestion sûre et efficace de l’assainissement à travers un plaidoyer soutenu par des données probantes provenant de la recherche aux fins de réduire la souffrance des populations causée par la pollution du cadre de vie due au rejet dans la nature des boues de vidange », a expliqué le coordonnateur du projet Waspa et chercheur à Ipar, Dr Amadou Gueye.

Un constat alarmant qui appelle à l’action

Les résultats de l’étude révèlent entre autres que plusieurs communes ne disposent pas d’une réelle politique de gestion des boues de vidange, des dispositions des politiques et stratégies de l’assainissement ne sont pas favorables à la contribution des communes au financement et à la construction des latrines dans les ménages ordinaires, le budget alloué à l’assainissement et particulièrement à la gestion des boues de vidange est faible ou quasi inexistant par endroit.

Il urge donc pour l’ensemble des parties prenantes, à divers niveaux, d’amorcer un consensus et de faire progresser la prise de décision en la matière afin d’améliorer la qualité de l’accès des populations à l’hygiène et à l’assainissement.

« Les résultats produits par le Lares et Ipar vont être utilisés par Speak Up Africa et Niyel, deux partenaires du projet pour faire des plaidoyers auprès des autorités béninoises et leur faire comprendre la question de l’assainissement et dans quelles mesures on peut mettre en place un modèle pour accélérer l’accès à l’assainissement lorsqu’on sait que ça constitue un défi énorme notamment en Afrique subsaharienne », a déclaré Dr Amadou Gueye.

Conçu pour les recherches sur les politiques d’assainissement en Afrique de l’Ouest le projet Waspa qui intervient dans 5 pays francophones d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger et Sénégal) est piloté par le Lares du Bénin et Ipar du Sénégal.

J.M

Source : 24 Heures au Bénin

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