Les travailleurs remontés contre la gestion de la Sbee: « Beaucoup de gens sont envoyés au garage »

Le personnel de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) a choisi la date de ce mercredi 02 novembre 2022, pour observer un sit-in afin de se faire entendre. Les quatre syndicats de la maison, à savoir : le Syntr-Sbee, Syno-Sbee, Syné-Sbee et Synint-Sbee, ont acquis à leur cause tout le personnel afin d’être unis comme un seul homme pour dire non à la gestion qu’ils qualifient d’opaque qui a cours dans la maison de l’énergie depuis un certain temps.

 

« Bientôt trois ans l’état béninois à partir de Mca2 a remis la gestion de la Sbee à Emachi. Et nous avons constaté quelques dérives. Des dysfonctionnements et nous avons fait beaucoup de démarches vers le président du conseil d’administration, les membres du conseil d’administration, vers le Mca même et au niveau du ministère également. Et d’ailleurs cela se lit aisément à travers notre motion de protestation qui contient 17 points. Alors, c’est après tout cela que, comme nous n’avons pas eu gain de cause, nous avons choisi la voie de la manifestation de notre mécontentement aujourd’hui mercredi 2 novembre 2022. Parce que le gouvernement met beaucoup d’argent dans le secteur de l’énergie qui est un secteur vital pour le développement et nous sommes dans la maison et ne saurons nous taire pour qu’à la fin on puisse nous dire vous étiez où ? C’est pour ça que nous nous sommes dit qu’il est maintenant temps qu’on nous écoute » fait savoir Quenum Omer, le Secrétaire général Adjoint du syntra-Sbee, l’une des organisations syndicales la plus représentative en mouvement de mécontentement. Approché dans la matinée où le mouvement pacifique battait son plein, le responsable syndical souligne que, loin d’une manifestation épidermique, le sit-in a pour but fondamental de remonter les bretelles, de corriger le tir afin de contribuer au rayonnement de leur maison commune qu’est la Sbee. « Ce n’est pas une question d’étranger. Quand on confit la gestion de quelque chose à une autre personne, c’est peut-être parce que celui-ci connait un peu mieux que nous et ils doivent s’assurer qu’ils sont dans un bon processus de transfert de compétence. Et malheureusement des gens qui sont arrivés et nous constatons que le transfert de compétence est carrément absent. Parce qu’aujourd’hui on ne fait que recruter à l’extérieur.  Alors qu’ils étaient là pour quand même transférer les compétences. Beaucoup de gens aujourd’hui sont envoyés au garage c’est-à-dire laissés pour compte. Ils sont en l’air ne sachant où mettre de la tête. Et dans le même temps on recrute massivement. Alors, il faut dire qu’ils ne maitrisent pas assez le terrain et au lieu d’observer ce qui se passe et tirer leçon de ce qui n’est pas bon afin de voir comment rebâtir les choses, ils sont préoccupés à implanter un système étranger. Un exemple terre à terre qui fait qu’aujourd’hui nous sommes mécontents. Les directions régionales étaient établies par département. Mais ils ont suggéré que c’est déjà trop éparpillé et on prend depuis le Nord jusqu’au Zou-Colline comme étant une seule zone. Conséquence il est techniquement très difficile pour un directeur aujourd’hui de gérer sa zone. Quand on sait que le chef zone Nord couvre le Borgou Alibori, l’Atakora Donga, le Zou Colline. Ce qui fait que les clients ne sont plus traités avec efficacité et satisfaits à temps. Il faut souligner aussi que la gestion qui est faite des ressources humaines suscite beaucoup de frustrations et de mépris. Les textes de recrutement sont faits avec beaucoup d’opacité. Le manque accru de matérielles, etc. » expose Quenum Omer pour faire toucher du doigt l’objet de leur revendication. Et l’impressionnant dans l’affaire est que ce mouvement de contestation est mise en branle avec une formule particulière, ‘’travailler plus qu’il n’en faut pendant 72heures renouvelable‘’ pour se faire entendre. A cet effet, à la Direction Générale de la Sbee située à Ganhi où nous avions effectué un tour, tous les travailleurs étaient à leur poste respectif dans un habillement particulier du noir sur de la couleur cendre pour certains et d’autres couleurs pour d’autres mais à l’unanimité avec un brassard rouge au bras gauche et sur la tête de tous. Signe qui attire l’attention de tout usager de passage dans les différents services. « Des consignes ont été données pour que tout le personnel fasse son travail de manière plus ardue, même au-delà des heures conventionnelles, afin que la clientèle obtienne satisfaction. Il faut que pendant ces trois jours nous soutenons l’effort du gouvernement dans ce secteur que nous ne voulons pas laisser mourir.

 

Teddy GANDIGBE 

Source : Matin Libre

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