Lettres ouvertes, démarches envers la Dgi Pourquoi: Les démocrates ne devraient rien espérer de Talon

A moins que des indiscrétions leur aient soufflé qu’à cette dernière station de leur chemin de croix, le chef de l’Etat va les recevoir et donner une suite favorable à leur compromis recherché pour pouvoir prendre part aux législatives du 8 janvier 2023. Si non, au regard de certains faits, les membres de ce parti ne devraient rien espérer de Patrice Talon comme solution.

 

A jour ‘’J’’ et à quelques heures de la clôture définitive des corrections à apporter quant aux observations faites par la Céna aux partis politiques pour se mettre au pas en vue d’être de la course pour les législatives du 8 janvier prochain, le parti d’opposition Les Démocrates n’est toujours pas parvenu à obtenir le quitus fiscal à trois de ses membres sur les 218 candidats sur la liste. Pendant ce temps, les partis soutenant les actions du pouvoir de Patrice Talon sont sereins parce qu’ayant passé ce cap. Le parti Fcbe contesté dans l’opinion comme parti d’opposition a pu aussi régler les détails le concernant auprès de l’institution en charge de l’organisation des élections. Et pourtant ce n’est pas la volonté de participer qui manque du côté du parti Les Démocrates dont le président d’honneur est l’ancien chef de l’Etat, Yayi Boni devenu médiateur de la crise guinéenne. Des conférences de presse pour dénoncer des dysfonctionnements au niveau de la Direction générale des impôts qui délivre le fameux quitus fiscal, des lettres ouvertes au chef de l’Etat pour y attirer son attention et l’inviter en tant que patron de l’administration publique à agir, et puis des démarches envers la Dgi pour trouver un consensus, bref ce ne sont pas des initiatives qui ont manqué au président Eric Houndété et ses collègues du parti. Mais hélas ! Comme en 2019 où les partis d’opposition étaient confrontés au problème de certificat de conformité au ministère de l’Intérieur et jusqu’au deadline et elles se sont vu finalement écarter de la compétition pour défaut de ce précieux sésame, Les Démocrates ne sont pas encore au bout de leurs peines. Ils ont fait en vain pied de grue hier mardi toute la journée à la Dgi. Aux dernières nouvelles, le chef de l’Etat aurait décidé de les rencontrer et de les écouter. Ce scénario, c’est du déjà vu, et les ténors du parti Les Démocrates ne sont pas sans le savoir. Même si leur formation politique n’avait pas encore été créée après la dissidence du parti Fcbe, ils doivent se souvenir tout de même qu’ils avaient été déjà reçus presque dans ce même contexte d’impasse en tant que regroupement des forces de l’opposition. On était en février 2019, à quelques encablures des législatives qui ont conduit, in fine, à l’élection des 83 députés issus seulement de deux partis politiques de la Mouvance qui ont compéti sans l’opposition. N’est-ce pas là un bis repetita qui se profile à l’horizon ? En tout cas, tout porte à le croire. Et plusieurs indices y concourent d’ailleurs, sauf cataclysme, ou sauf si Patrice Talon décide cette fois-ci de surprendre agréablement les Béninois. Si non, l’issue de la probable rencontre qui serait programmée, est connue. Premièrement, les Démocrates doivent savoir qu’ils représentent des concurrents aux listes de Patrice Talon, et en terme de compétition surtout sur le terrain politique, on ne remet pas aussi facilement l’arme à t’abattre à un adversaire. D’autres acteurs l’auraient fait. Ce n’est pas exclu. Mais ils ne seraient pas nombreux.  Deuxième indice qui ne milite pas en faveur des Démocrates, c’est toute la communication réplique déployée par leurs vis-à-vis pour montrer à l’opinion nationale et internationale que la question du quitus fiscal, ce sont toutes les chapelles politiques qui sont concernées au point où d’autres plus « intelligents » et « visionnaires » que Les Démocrates ont dû anticiper en laissant sur le quai les potentiels candidats de leur liste non à jour vis-à-vis du fisc et en positionnant ceux-là qui ne ploient pas sous le coup des impôts. Et troisième indice pour corroborer cela, c’est la déclaration d’une figure de proue du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères, Aurelien Agbénonci : « Croyez-nous, le gouvernement veut des élections inclusives… Dans ce pays, on ne pourra pas, parce qu’on n’est pas du même avis que le gouvernement dire qu’il doit avoir une dérogation par rapport aux impôts…Le Bénin est devenu un Etat qui vous respecte et qui se respecte, a envie de vous plaire par rapport à la bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme et des processus transparents. Et dans ces processus transparents il y a la nécessité d’être en règle vis-à-vis du fisc. Il faut payer ses impôts », a-t-il lâché devant le corps diplomatique en fin de semaine dernière. De tout ce qui précède, sauf revirement miraculeux, on peut déjà avoir un avant-goût de ce que serait la rencontre Talon-Démocrates si elle se tenait. Le refrain sera pratiquement le même, et ne sera pas aussi différent de celui que les Béninois ont suivi en février 2019, veille des législatives. Matin Libre a de la mémoire.

Mike M.

Ainsi parlait Patrice Talon, président de la République face aux forces de l’opposition en février 2019 :

« Mon ambition est de procéder aux réformes qui sont nécessaires pour ce pays, y compris la réforme du système partisan. Nous avons donc entrepris de mettre en place un nouveau mécanisme qui force un peu la main aux acteurs politiques pour se regrouper. C’est pourquoi j’ai adhéré à la proposition de loi qui aboutit au vote de la charte des partis politiques, la nouvelle charte. J’ai adhéré également à la proposition de loi qui a abouti au code électoral parce que ça comporte des aspects qui sont conformes à mon ambition en la matière, à mon souhait, à ma prière dans le domaine (…). L’absence éventuelle des partis politiques de l’opposition que vous représentez aux élections législatives à venir, je souhaite que ce ne soit pas ainsi. Mais cela dépend exclusivement de vous. Personne ne peut forcer la main à un parti politique pour aller aux élections. Les dispositions à satisfaire pour aller aux élections relèvent également de votre volonté, votre disponibilité et de votre volonté de remplir ces conditions. Je voudrais vous prier de ne pas passer le temps à dire que la loi est mauvaise, et tant qu’elle n’est pas remise, elle est applicable ; de ne pas dire que le ministère de l’Intérieur a été trop exigent sur ce qu’on vous demande (…). Je voudrais vous inviter à donner suite favorable à l’attente de nous tous, être en mesure de participer aux élections législatives en tant que forces de l’opposition si on peut vous qualifier ainsi (…). Je serais à votre place que je serais capable d’aller aux élections à venir. Il ne sert à rien de faire beaucoup de bruits, d’attaquer la loi qui est votée. Même si vous n’êtes pas d’accord, elle est votée. Elle s’impose à tout le monde parce que si voulez vraiment aller aux élections, vous avez les moyens d’aller aux élections. Il ne faut pas faire exprès de décrédibiliser l’action gouvernementale en disant c’est sous lui qu’il y a eu une élection ou aucun parti d’opposition n’a compéti. Mais je serai malheureux qu’il n’y ait pas eu de parti d’opposition. Je ferai toutes les prières qu’il faut pour que ce ne soit pas ainsi, pour déjouer votre plan. Peut-être que vous faites exprès. Mais il me faut plus que ça pour me démotiver. J’exige l’excellence en toute chose, en tout lieu. Ça peut être considéré comme un défaut (…) »

 

 Propos transcrits par Mike M.

Source : Matin Libre

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