Longues files d’attente dans les stations-services : Léandre Houngbédji soulève la problématique du réflexe de l’agent économique

Le Secrétaire général adjoint du gouvernement et porte-parole du gouvernement, lors de sa rencontre d’échanges avec les professionnels des médias le vendredi 9 juin 2023 à Cotonou, a opiné sur les longues files d’attente observées dans les stations-services. Une situation qui fait suite à la flambée du prix du carburant de contrebande au Bénin.


La hausse vertigineuse du prix de l’essence de la contrebande ayant entraîné de longues files d’attente dans les stations-services, ne manque pas de raisons justificatives pour Wilfried Léandre Houngbédji. Le Secrétaire général adjoint du gouvernement et porte-parole du gouvernement a fait observer que 70% de l’essence consommée au Bénin proviennent du circuit informel. « Cela veut dire que structurellement au jour d’aujourd’hui, nous avons 30% des consommateurs d’essence au Bénin qui vont dans les stations-services. Lorsque 70% qui allaient vers le circuit informel se retrouvent à devoir payer un prix supérieur à ce qui est pratiqué dans le circuit formel, ils se détournent de l’informel et vont dans les stations et c’est cela qui crée cette tension que vous avez observée ces jours-ci où il y a des files çà et là. Vous savez que le réflexe de l’agent économique, c’est d’optimiser les gains. Il veut dépenser moins et gagner plus. C’est cela et pas autre chose parce que je pense que cela va être de plus en plus difficile pour les contrebandiers d’aller chercher de produits pétroliers du Nigeria et le ramener au Bénin », a signalé Wilfried Léandre Houngbédji, Secrétaire général adjoint du gouvernement et porte-parole du gouvernement. A propos de ceux qui se demandent pourquoi le Bénin ne peut pas aller acheter le carburant au Nigéria et venir revendre, le porte-parole du gouvernement a estimé que le problème n’est pas à ce niveau. « J’ai observé qu’auparavant le Nigéria ne raffinait pas le pétrole brut et je pense que la raffinerie est en train d’être installée. Le Nigeria exporte le brut et importe le raffiné. Et quand le raffiné arrive, il subventionne. C’est cela qui justifie le niveau des prix que vous avez au Nigeria. Ce qui fait que, avec la fluctuation du Naira, les nôtres qui vont là-bas ou ceux de là-bas qui sont dans ce trafic et qui l’envoient ici, ils trouvent leur compte et cela arrive moins cher sur notre marché. Mais si demain, ils raffinent eux-mêmes, s’ils veulent le vendre et si c’est rentable pour le Bénin, il n’y aura pas de gêne à aller s’en procurer chez eux », a-t-il fait remarquer.

Fidégnon HOUEDOHOUN

Source : Fraternité

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