Parole d’oracle : Constantin Amoussou parle de Luc Atrokpo

(« On ne soulève pas un baobab comme on déplace un tabouret », dit-il)

De retour au pays après un long séjour sanitaire en France, Luc Atrokpo, tout nouveau maire de la ville de Cotonou, reprend le service en octobre prochain. Dans une chronique publié sur les réseaux sociaux vendredi, Constantin Amoussou parle de Luc Atrokpo et souligne : « « On ne soulève pas un baobab comme on déplace un tabouret ».

« Ce n’est pas un canular. J’ai vu le maire debout sur ses deux appuis. J’ai vu Luc ATROKPO debout tel un roc inamovible surgi du sein de la terre. Il ne vacille pas sur son socle. Il ne louvoie pas. Il se lève et marche d’un pas ferme et assuré. Il est vigoureux et requinqué pour le boulot.

Dans l’épreuve de ces trois derniers mois, il m’est arrivé d’avoir eu peur.

J’ai le souvenir de notre déjeuner manqué de ce dimanche 28 juin.

Un coup de fil: «  Constantin, je ne pourrai être au déjeuner. J’ai fait une crise. Mon cardiologue me déconseille de sortir. J’ai allumé mon téléphone juste pour t’informer… » Depuis ce jour, le numéro est resté injoignable.

Peu après, la toile s’affole. Nos amis veulent savoir: De quoi souffre le maire? Est-ce que c’est grave? Est-ce qu’il va s’en sortir? Est-ce qu’il s’est préparé? Où se trouve-t-il?

Je n’ai pas de réponses. Je frappe à toutes les portes auxquelles je peux. Rien de consistant.

Je tente de me rassurer, de rassurer; cependant que mes messages et appels tombent invariablement dans le vide.

La toile décrit un Luc ATROKPO frappé d’hémiplégie aux effets irréversibles.

Au dix-septième jour, un inattendu signe de vie. Je le vois en ligne.

Voici enfin un espoir auquel s’accrocher pour tenir:

-Bonjour fofo! Pourrions-nous espérer que tu vas mieux?

-Pas simple, mon frère, me répond-il, avant d’ajouter: *<<Mais Dieu est Grand. La Vierge Marie en est capable>>*.

Devais-je le tenir pour un message d’espoir ou de résignation?

Nous tenons dans la prière. À ceux qui ne le savent pas, ou en doutent, la prière  est et demeure  l’unique bouclier de Luc ATROKPO , son unique exclusive arme de combat.

Durant ces presque trois (03) mois, j’ai entendu les bruits de couloirs et vu, de mes yeux, les pas des uns et des autres.

J’ai vu le rassemblement nocturne des hiboux dans les anfractuosités. J’ai entendu les imprécations. J’ai flairé des airs de conspiration dans des endroits où je me suis retrouvé de façon inattendue.

Aujourd’hui, j’entends à nouveau la voix du maire me susurrer:

« DIEU EST GRAND. LA VIERGE MARIE EN EST CAPABLE ».

En ces moments douloureux et incertains, j’ai espéré de nos contempteurs une attitude chevaleresque; ce minimum d’humanité qui consiste à prêter main forte, même à son adversaire, quand celui-ci est éprouvé.

Mais je les ai entendu dire que ce n’était que le début; que ce sont les audits à Bohicon qui font lâcher le cœur du maire; que de toute façon, on ne revit pas sans séquelles d’un AVC…que Cotonou n’est pas un No Man’s land où un intrus viendrait s’imposer aux anciens, aux chefs de terre…

Rationnel radical, je n’ai jamais voulu croire aux attaques occultes. Jamais voulu admettre leur réalité.

Le long de ces mois, certaines de mes certitudes ont été bousculées.

J’ai vu le danger venir en dehors de nos rangs. Et en cours de chemin, je l’ai aussi senti, hélas, surgir du sein de nos rangs.

Maintenant que *DIEU* a confirmé sa GRANDEUR* et que la *VIERGE MARIE* s’est montrée *CAPABLE*,  je voudrais, cher frère, célébrer ta foi solide de rocher et lancer à ceux qui pariaient du pire qu’on ne  soulève pas un BAOBAB* comme on déplace un tabouret.

Qu’on pose la question aux anciens!

Au pays d’Ifâ, ainsi s’exprime l’oracle: Le tourbillon qui tournoie, escorté par la poussière,  soulève les habitations et déracine les arbustes, ne peut égorger l’éventail; car l’éventail est né du rônier qui, assis sur son socle, soumet la foudre depuis le temps de nos ancêtres.

Un BAOBAB n’est pas un papayer. Il n’est pas l’arbuste que le vent renverse en un claquement de doigt. Il n’est pas le tronc d’arbre qui craque sous les assauts hostiles des intempéries. Il n’est pas un tabouret qu’on déplace en un brusque mouvement de main.

Il est, tel qu’on le voit impérial, l’imperturbable roi de la flore qui survit à l’ensevelissement, au feu, à la noyade et à la guérilla.

J’ai vu le maire. Un BAOBAB n’est pas un tabouret.

Et nous voici, les reins vaillamment ceints pour nous arc-bouter sur le métier.

Plaise à Dieu que la vigueur demeure en nous. La volonté, elle, est inébranlable ».

 

Constantin AMOUSSOU

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Source : Les 4 VERITES

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