Plusieurs voix dénoncent une campagne injuste contre le Maroc

Une réunion d’experts, de défenseurs des droits humains et de journalistes se tiendra, dans l’après-midi de ce jeudi 9 février 2023, au Parlement européen sur l’affaire d’espionnage ‘’Pegasus ». A la veille de cette audition, de nombreuses voix se sont élevées, mercredi 8 février 2023, notamment pour « dénoncer une campagne injuste » contre le Royaume du Maroc et appeler à une « grande prudence ».

Plusieurs personnalités dénoncent une « campagne injuste » contre le Royaume du Maroc, qui « subit des agissements hostiles et des attaques au Parlement européen ». Le Président de la Chambre des représentants Rachid Talbi El-Alami a exprimé ses récriminations, mercredi 8 février 2023, à la veille de la réunion d’experts, de défenseurs des droits humains et de journalistes sur l’affaire d’espionnage ‘’Pegasus ».

A l’annonce du débat prévu, ce jeudi 9 février 2023, le Royaume chérifien a indiqué qu’il s’agit de la poursuite d’anciennes allégations d’espionnage de dirigeants d’un pays européen.

« Le Maroc est depuis longtemps victime d’une tentative de déstabilisation internationale. Il n’a eu de cesse de dénoncer ces accusations injustes et fantaisistes », a déclaré Olivier Baratelli, avocat de Rabat dans cette affaire, intervenant en visioconférence devant les députés marocains.

Selon un consortium de médias internationaux, quelque 50.000 personnes à travers le monde (femmes et hommes politiques, journalistes, militants des droits humains, etc.) ont pu être espionnées par certains gouvernements, dont celui du Maroc, au moyen du logiciel espion Pegasus, conçu par la société israélienne NSO Group. Une commission d’enquête a été lancée en avril dernier au Parlement européen pour que les abus du logiciel espion « ne se produisent plus ». Parmi les hommes politiques espionnés, figure le président français Emmanuel Macron, dont un numéro de téléphone portable aurait été visé par le Maroc, affirme ce consortium. Rabat a poursuivi en diffamation des ONG et médias français qui ont révélé ou dénoncé le recours par le Maroc au logiciel Pegasus, mais ces plaintes ont été jugées irrecevables par le tribunal de Paris.

« Depuis 18 mois, nous attendons toujours le moindre commencement de preuve de ces accusations fantaisistes”, a fait observer Me Baratelli, relevant que deux juges d’instruction ont été désignés sur des plaintes de différentes personnes, qui accusent le Maroc d’avoir espionné leurs téléphones, mais “aucun élément technique ne vient mettre en lumière ces accusations ». « Aucun des plaignants n’a été en mesure de fournir son téléphone et d’apporter la preuve que le logiciel l’aurait infecté », a ajouté l’avocat français, dans une vidéo projetée lors d’une conférence débat organisée par le Parlement marocain et consacrée aux attaques hostiles, flagrantes et répétées contre le Royaume ourdies au sein du Parlement européen (PE).

Pour Lahcen Haddad, président de la commission parlementaire mixte Maroc-UE, « Il s’agit d’une guerre méthodique (…). Le Parlement européen a une responsabilité politique, il n’est pas possible qu’il devienne une plateforme pour attaquer le Maroc ».

David Zenaty, informaticien judiciaire français et expert auprès de la Cour de cassation et de la Cour pénale internationale depuis 1985 a également appelé à « être extrêmement prudent » vis-à-vis des accusations faites. « Les éléments techniques publiés par AI, dont l’intégrité n’est pas vérifiable, ne permettent, en aucun cas, d’identifier ou de localiser techniquement l’utilisateur de Pegasus et ce, quel que soit l’émetteur, pas uniquement le Royaume du Maroc », a mis en garde l’expert informaticien judiciaire, mercredi 8 février 2023.

Il faut préciser que le Parlement marocain a décidé unanimement de « reconsidérer » ses relations avec l’Assemblée européenne à Bruxelles et rejette toute « ingérence » dans les affaires intérieures du Royaume. Une commission thématique ad hoc consacrée à ladite réévaluation composée de représentants des deux chambres du Parlement a été mise en place dans ce cadre mardi 7 février dernier.
Marc MENSAH

Source : 24 Heures au Bénin

Laisser un commentaire