PNUD lance le Forum africain sur l’énergie renouvelable à la COP 27

Le Bureau régional du PNUD pour l’Afrique, en partenariat avec les Influenceurs africains pour le développement (AI4Dev) – la plateforme de partenariat du secteur privé du PNUD Afrique, et l’Africa Business Council (ABC), a organisé un Forum africain sur les énergies renouvelables (AREF) inaugural lors de la COP27 à Sharm El Sheikh, en Égypte – sous le thème “Alimenter le développement”. Le rassemblement, accueilli dans la Zone d’innovation de l’action pour le climat par l’Africa Finance Corporation, a réuni des chefs de file d’industrie, des dirigeants du secteur privé et des hauts fonctionnaires des Nations Unies et de l’Union africaine pour définir les actions et les stratégies nécessaires pour mettre le continent sur la voie de l’énergie durable.

Avec une population africaine qui devrait atteindre 2 milliards d’habitants d’ici 2050, deux enfants sur cinq dans le monde naîtront sur le continent. L’avenir de ces jeunes dépendra grandement de la réussite de la transition vers une énergie plus verte, plus propre, abondante et durable. L’accès à l’énergie est une condition préalable au développement et alimentera l’industrialisation de l’Afrique tout en créant les emplois du futur et en réduisant la vulnérabilité aux chocs extérieurs.

“L’Afrique est un acteur essentiel en ce qui concerne l’action pour le climat et nous avons maintenant l’occasion d’alimenter le développement vert sur le continent”, a souligné Ahunna Eziakonwa, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice du bureau régional pour l’Afrique du PNUD. “Nous devons intensifier nos initiatives, assurer une transition énergétique juste et un financement durable qui permettront à l’Afrique d’atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter tout en accélérant son ambition de développement.”

Représentant le Conseil africain des affaires, dirigé par la Commission de l’Union africaine (UA) et coorganisateur de l’AREF, l’ambassadeur Albert Muchanga, Commissaire de l’UA chargé du développement économique, du commerce, du tourisme, de l’industrie et des minéraux, a exhorté les acteurs publics et privés à adopter une approche “ascendante” pour alimenter l’Afrique en énergie. Il a déclaré : “La majorité des Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité ; et c’est une préoccupation majeure. Si nous voulons alimenter le développement, nous ne devons laisser personne pour compte. La vitesse de notre développement ne sera pas déterminée par les personnes au sommet du processus de développement, mais par les personnes à la base.”

Alors que l’Afrique est actuellement confrontée à des chocs économiques sans précédent provoqués par la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine, les participants ont souligné l’importance de mobiliser les ressources sur le continent pour soutenir le développement des capacités industrielles de l’Afrique. “La crise à laquelle nous sommes confrontés actuellement concerne les ressources et l’Afrique joue un rôle déterminant vers une solution. Nous ne pouvons pas continuer à exporter des matières premières. Nous devons nous concentrer sur l’exportation de produits à valeur ajoutée pour la transformation structurelle de nos économies”, a soutenu Samaila Zubairu – président de l’Africa Finance Corporation et hôte de l’événement.

L’importance de transformer le modèle de développement de l’Afrique et de se concentrer sur l’industrialisation et la ZLECAf a été soulignée par Carlos Lopes, professeur à l’Université du Cap, et ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies. Il a également exhorté les pays à se libérer de ce qu’il a appelé “le piège colonial”, qui voyait les économies africaines de l’ère coloniale principalement structurées pour l’extraction et l’exportation de matières premières. “La trajectoire de croissance que le monde a utilisée pour se développer n’a pas profité aux pays en développement où se trouvent les ressources. La structure du commerce africain d’aujourd’hui montre que l’Afrique est très dépendante”, a déclaré Carlos Lopes, qui a ajouté que les marchés du carbone présentent aujourd’hui de nouvelles opportunités pour le commerce et le développement de l’Afrique.

Mme Damilola Ogunbiyi, PDG et représentante spéciale pour l’énergie du Secrétaire général des Nations Unies durable pour tous, “Le continent africain recèle un énorme potentiel pour les projets d’énergie renouvelable. La région a fait preuve d’un engagement ferme pour accélérer l’utilisation des technologies renouvelables modernes. Cependant, le soutien mondial au continent doit reconnaître que notre avenir énergétique propre dépend de l’union de nos efforts actuels en matière d’énergie, de climat et de développement”.

Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Economie, de la Planification et de la Coopération internationale, a mis en garde contre le fait que l’Afrique doit profiter de l’opportunité de la transition énergétique pour s’industrialiser. Il a déclaré : “Nous ne devons pas tomber dans le piège qui consiste à utiliser l’énergie renouvelable de l’Afrique uniquement pour l’exportation. Les industries doivent également être développées sur le sol africain.”

L’Afrique subsaharienne est la région qui présente le plus grand déficit d’accès à l’énergie au monde. On estime que 568 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité en Afrique subsaharienne. Cela représente les trois quarts de la population mondiale sans électricité.

Concernant l’importance de l’accès à l’énergie, Ahunna Eziakonwa a souligné l’engagement du PNUD à faire en sorte que 500 millions de personnes – dans le monde entier – aient accès à une électricité d’origine renouvelable. Ce plan, qui, en Afrique, sera mis en œuvre dans le cadre du programme Africa Minigrids, lancé lors de la COP 27 le 15 novembre, “jouera un rôle important dans l’amélioration des moyens de subsistance et la lutte contre la pauvreté”, a déclaré Ahunna Eziakonwa.

Quelque 80 pour cent des habitants de l’Afrique subsaharienne n’ont pas accès à des combustibles et technologies propres et sûrs pour cuisiner, ce qui constitue 40 pour cent de la population mondiale qui n’a pas accès à une énergie de cuisson propre. Cet important déficit énergétique enferme effectivement certaines des communautés les plus vulnérables dans la pauvreté, la plupart d’entre elles vivant en Afrique.

Source : 24 Heures au Bénin

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