Positionnement pour les législatives de 2023: Ce qui joue contre les députés « carriéristes»

Les Législatives de 2023 donnent de l’insomnie à une catégorie de députés. Et pour cause, de l’application en intégralité  ou en partie de l’article 80 nouveau de la Constitution révisée dépend leur sort.

 

Seront-ils ou pas sur la ligne de départ ? Qu’ils soient de l’Union progressiste (Up) ou du Bloc républicain (Br), les députés ayant déjà totalisé 3 mandatures à l’Assemblée nationale ne savent pas, pour le moment, sur quel pied danser. Leur inquiétude réside au niveau de l’interprétation que feront leurs partis politiques de l’article 80 nouveau de la Constitution révisée qui stipule : « Les députés sont élus au suffrage universel direct. La durée du mandat est de cinq (05) ans renouvelable deux fois… ». La même disposition a été reprise à l’article 143 du Code électoral « Les députés à l’Assemblée nationale sont élus au suffrage universel direct au scrutin de liste à la représentation proportionnelle pour un mandat de cinq (05) ans. Ils sont rééligibles deux fois… »

La Constitution ayant été révisée en 2019, les députés qui totalisaient déjà trois mandats peuvent, à juste titre, penser qu’ils ne sont pas concernés, étant donné que la loi dispose pour le futur. Mais attention ! Tout peut arriver et ils le savent. La volonté du chef de l’Etat d’injecter du sang neuf à l’Assemblée nationale est un secret de Polichinelle. Mais à côté de cette volonté, d’autres paramètres entrent en jeu. Patrice Talon est en fin de mandat. Dans tous les pays, les fins de mandats sont difficilement gérables. Le député « docile » peut montrer un autre visage, dès lors qu’il sait que le chef, à  qui il avait juré loyauté, est en train de partir. Et qui mieux que les députés « doyens » du Parlement pour jouer les trouble-fêtes quand le chef ne s’y attendait pas ? On a vu cela avec Boni Yayi. Et Patrice Talon doit déjà s’en douter. Pour se mettre à l’abri de surprises désagréables, il peut donc décider de balayer  tout ce beau monde. L’entrée en vigueur de la disposition de l’article 80 nouveau de la Constitution révisée serait le prétexte tout trouvé. Tous les députés ayant déjà totalisé trois mandatures ne seront pas reconduits sur les listes Up et Br. Mais les partis politiques et par ricochet le chef de l’Etat peut aussi procéder autrement. Compte tenu des informations à sa disposition et du poids d’un député « carriériste » dans sa circonscription électorale, le chef de l’Etat peut décider de le reconduire. Patrice Talon pourrait, le cas échéant, entrer en négociation avec ces députés, trouver la formule adéquate pour leur recasement, comme c’est le cas avec Bruno Amoussou, Idji Kolawolé ou même récemment avec les députés nommés ambassadeurs. Dès lors, c’est son appréciation qui compte. Elle ne sera certainement pas en faveur des députés  « carriéristes » qui, en plus, trainent des casseroles.

Deux choses jouent alors contre cette catégorie de parlementaires. La 1ère, c’est la loi qu’ils ont eux-mêmes votée, pensant qu’elle dispose pour l’avenir, et donc ne prend pas en compte les mandats antérieurs. La seconde, c’est leur passé, les griefs à leur encontre dans des dossiers de malversations. D’où le branle-bas observé depuis quelques temps dans le rang des députés « doyens » qui rivalisent d’ardeur pour attirer l’attention de Patrice Talon.

M.M

Source : Matin Libre

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