Produits forestiers non-ligneux d’origine animale: Une pépite pour la New Nature Economy ?

Si l’Afrique exploite déjà le potentiel de produits forestiers non ligneux d’origine animale : chenilles, champignons… Le continent pourrait aussi s’intéresser à l’élevage, la transformation et la commercialisation d’escargots. Une filière très prospère pour développer des huiles et des savons.

 

Depuis l’Egypte antique, l’héliciculture désigne l’élevage des escargots comestibles. Le terme dérive de Helix, nom scientifique d’un genre de gastéropodes. Le mot escargotière désigne l’endroit où sont élevés les escargots, élevage effectué par un héliciculteur ou une hélicicultrice.

A l’époque antique, les égyptiens avaient très vite identifié l’intérêt d’élever des escargots pour développer ces fameuses huiles et savons. L’escargot, de sa bave, aux propriétés hydratantes de sa coquille, parfaite arme anti caries en passant par sa chair, véritable vivier d’éléments nutritives, cultive de nombreux bienfaits. Dans toute l’Afrique, il est régulièrement consommé comme repas de fêtes.

La fondue égyptienne d’escargots (750g) est aromatisée aux épices arabes et sa viande est aujourd’hui remplacée par trois douzaines d’escargots de Bourgogne. Une filière africaine gagnerait à être renforcée avec les nombreux débouchés d’avenir sur le continent.

Sur un plan historique, des fourchettes à escargots datent de 3000 ans avant notre ère. Alors que les européens ont mangé avec les doigts et un couteau jusqu’au XVIe siècle, certaines antiques civilisations faisaient preuve, à table, d’un grand raffinement. Les grecs et les romains, par exemple, fabriquaient des cuillères en bronze, voire en argent ; les romains connaissaient en outre l’usage de la fourchette.

Mais ce sont les Égyptiens qui, en 3000 av. J.-C., conçurent les couverts les plus finement travaillés. Ils avaient été jusqu’à imaginer des fourchettes à escargots.

L’année 2022 célèbre le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion. C’est l’occasion de nourrir un dialogue des cultures entre science et nature. Frédéric Cailliaud a été un grand égyptologue nantais, ayant entrepris un grand voyage d’étude pour retrouver les anciennes mines d’émeraudes des pharaons à Zabarah près de la mer Rouge.

ll copia une foule d’inscriptions, rapporta des monuments de toute sorte, entre autres une momie couverte d’inscriptions hiéroglyphiques avec traduction grecque, qui servit beaucoup aux études de Champollion. Au retour d’un autre périple pour pénétrer en Haute-Nubie, Cailliaud eut la conviction que la religion des Egyptiens dont les dieux sont identifiés à des animaux, a été fortement influencée par l’Ethiopie qui possède une faune et une flore très riches.

Cette faune et cette flore si riches de l’espace Sahélien aux forêts du Bassin du Congo peuvent inspirer demain notre bioéconomie mondiale et porter une nouvelle génération d’entrepreneurs et de porteurs de projets innovants à l’avant-garde du biomimétisme.

 

Kevin LOGNONÉ

Source : Matin Libre

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