Revalorisation des salaires: Ce que Paul Essè Iko réclame à Talon

<< Le Smig doit être à 100.000 F au moins >>

Ancien secrétaire général de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb), Paul Essè Iko, joint au téléphone par Matin Libre s’est prononcé sur la rencontre de demain, mardi 26 avril 2022, entre le chef de l’État et les centrales et confédérations syndicales. Pour l’enseignant à la retraite, << cette revalorisation est venue trop tard>>. Occasion pour lui de formuler des doléances liées à la pension des fonctionnaires à la retraite.

 

Le chef de l’État rencontre ce mardi les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales au sujet de la revalorisation des salaires des travailleurs. Pour vous, cette revalorisation est venue tôt ou tard?

La revalorisation des salaires et des pensions est venue trop tard. Généralement quand on dit revalorisation de salaires, on ne parle pas des pensions. Nous autres qui avons trimé pendant des années pour que l’État soit debout et nous sommes allés à la retraite après plus de 30 ans de travaux loyaux rendus à notre pays. Mais la pension est restée toujours dérisoire. J’ai constitué un syndicat, le syndicat des enseignants retraités mais personne ne nous appelle pour discuter avec nous, pour dire qu’est-ce que vous voulez, quelle est la situation à votre niveau ? Personne ! L’Etat doit aux enseignants retraités des rappels pour l’augmentation de la revalorisation salariale de 1.25, on ne nous l’a pas payé. Quand monsieur Talon est venu au pouvoir, nous l’avons rencontré et nous le lui avons dit. Donc il reste le rappel de 1.25 pour 2016; nous n’avons pas reçu ça, ça c’est clair on s’est entendu avec le pouvoir. Le rappel de 2011, on ne s’est pas entendu là-dessus, mais pour 2016 on s’est entendu là-dessus et on nous a dit :  » on va vous payer ». Et puis après, on nous dit non :  » C’est Covid-19 qui nous empêche de vous payer. Or, Covid-19 ça touche des populations qui sont vulnérables, et dans ces conditions on regarde ce qu’il faut faire à ces populations. Pour les enseignants retraités on ne nous a rien fait. Les gens ont reçu des choses et nous, on est resté comme ça. Donc nous réclamons le rappel des 1.25 pour 2016. Nous avons rencontré certaines autorités qui nous ont dit qu’on a budgétisé cela. Mais quand est-ce qu’on va nous payer, personne ne nous le dit au niveau du gouvernement. On a voulu rencontrer le ministre de la Famille parce qu’elle s’occupe de la solidarité. Alors en ce temps on nous a confiés à un chef service. Là-dessus, on a rien entendu depuis plus de deux ans. Monsieur le journaliste, les enseignants retraités comme les travailleurs retraités ont des difficultés, triment et ils meurent. Beaucoup d’entre nous meurent. Est-ce là le sort réservé à des gens qui ont travaillé pendant longtemps de façon loyale pour leur pays?

Mais Sg, par rapport à la rencontre de mardi, qu’est-ce que vous attendez concrètement du chef de l’État ?

Par rapport à la rencontre, nous avons rencontré les secrétaires généraux des centrales et confédérations. Nous voulons qu’on pose comme problème que les travailleurs retraités ont droit aussi à ce qu’on revalorise leur pension. La pension est là depuis 1960 personne n’y a pensé. Si on revalorise les salaires des travailleurs en activité, il faut qu’on revalorise aussi la pension des retraités. Cela est d’autant plus sérieux que nous tous nous allons au marché Dantokpa, dans tous les marchés de notre pays et l’inflation sévit ; tout coûte cher. Comment quelqu’un qui est en activité peut-il avoir besoin d’une revalorisation et on ne pense pas à celui qui est presque mourant et qui est retraité ?

Deuxièmement, nous demandons le rappel des 1.25. Ça fait partie des discussions qu’il faut que l’on mène et qu’on nous paye, qu’on ne nous tourne plus en bourrique, qu’on ne nous roule plus dans la farine.

Dans revalorisation des salaires et des pensions, qu’est-ce que vous y mettez ?

Les retraités pensent que le Smig doit être à 100.000 F au moins aujourd’hui. Maintenant nous, notre pension il faut l’augmenter, l’affecter d’un coefficient peut-être 2, peut-être 2,5 ou négocier pour savoir quel coefficient affecter à notre pension. Si on revalorise les salaires des travailleurs en activité et que c’est un indice qu’on affecte, il faut qu’on nous affecte aussi le même indice, nous les retraités. Ensuite, nous avons dit, ce qu’on nous devait qu’on nous le paie. Vous savez, quand on va à une négociation on pose tous les problèmes. Il reste à ce que l’État nous paie nos pensions à date échue. Regardez, on paie les salaires aux travailleurs en activité à partir du 20 du mois. Mais nous, on ne nous paie que les 1er et 2. Nous voulons qu’on nous donne notre pension à partir du 20 du mois.

Pensez-vous que le gouvernement a les moyens de satisfaire tous ces points?

Les moyens sont là. Il y a trop de moyens. Les impôts et autres qu’on augmente… Si l’État lui-même a trouvé la nécessité de revaloriser les salaires, c’est qu’il a trouvé qu’il y a de l’argent pour revaloriser.

 Propos recueillis et transcrits par J.B

Source : Matin Libre

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