Santé: La gynécologie-obstétrique, à quoi sert-elle ?

Que savoir du rôle du gynécologue-obstétricien dans une formation sanitaire, son importance dans le système sanitaire ? Dans une publication relayée sur la page de l’Ordre national des médecins du Bénin, Dr Vodouhe Tchimon apporte des éléments de clarification.

 

« La gynécologie obstétrique est une spécialité médico-chirurgicale ayant pour objet l’étude et la prise en charge du fonctionnement de l’appareil génital de la femme sur les plans physiologique et pathologique (gynécologie), de la grossesse et de l’accouchement (obstétrique).  La gynécologie-obstétrique comprend multiples branches : la gynécologie médicale qui s’occupe essentiellement des troubles fonctionnels du cycle menstruel, de la contraception, de la ménopause, du dépistage des cancers génitaux, des infections génitales, des douleurs pelviennes d’origine génitale. La chirurgie gynécologique s’occupe des pathologies et des explorations chirurgicales de l’appareil génital féminin. On en distingue 4 voies d’abord : laparotomique, vaginale, coelioscopique et hystéroscopique, les deux dernières constituant la chirurgie endoscopique de l’appareil génital.

L’oncologie génitale et mammaire s’occupe de la prise en charge des cancers génitaux et mammaires.

La médecine de la reproduction s’occupe de la prise en charge de l’infertilité du couple dans tous ses aspects.

La médecine anténatale ou fœtale s’occupe du bien-être fœtal, du diagnostic et de la prise en charge des anomalies fœtales.

L’obstétrique quant-à elle s’occupe du suivi de la grossesse, des pathologies de la grossesse (complications obstétricales et maladies intercurrentes), l’accouchement et les suites de couches dans leurs aspects normal et pathologique.

La discipline étant très vaste, on observe de plus en plus de sous-spécialisation des praticiens dans l’une ou plusieurs de ses branches. De même, dans la pratique quotidienne, selon qu’on exerce dans le secteur privé ou public, au niveau périphérique ou central de notre pyramide sanitaire, les compétences dans certaines branches sont plus ou moins sollicitées. Ainsi, si les compétences obstétricales sont les plus sollicitées chez tout gynécologue obstétricien quelque soit son niveau d’exercice, celles en oncologie gynécologique et mammaire, en chirurgie endoscopique sont plus déployées aux niveaux intermédiaire et central ainsi que dans les formations sanitaires privées.

Exerçant dans un Hôpital de zone, ma semaine d’activités s’organise autour des consultations gynécologiques, prénatales, des explorations diagnostiques (échographies pelviennes et obstétricales, colposcopie, cardiotocographie), visite des patientes hospitalisées, des interventions chirugicales d’urgence ou programmées (entre autres : césarienne, myomectomie, hystérectomie abdominale et vaginale, chirurgies conservatrices des hémorragies par atonie utérine, prise en charge des GEU, chirurgie des tumeurs bénignes, par ordre de fréquence), les interventions obstétricales et gynécologiques (accouchements instrumentaux, manœuvres obstétricales, AMIU, etc.).

Les réunions statutaires, les revues de décès et les staffs s’ajoutent aux activités cliniques.

Pour qui l’embrasse par passion, il s’agit d’une discipline aussi passionnante qu’éreintante ; aussi gratifiante que surprenante. Surprenante agréablement, mais aussi de façon désagréable ! Il existe en effet un risque résiduel incompressible de complications obstétricales dont l’occurrence met à rude épreuve les équipes de prise en charge ainsi que les patientes. A l’extrême, les issues fatales sont des catastrophes particulièrement éprouvantes auxquelles on ne s’habitue jamais.

Si la spécialité connaît un essor croissant dans notre pays, les défis à relever demeurent immenses : la réduction de la mortalité maternelle et périnatale d’une part, puis le diagnostic et la prise en charge précoces des cancers gynécologiques et mammaires d’autre part me paraissent être les défis majeurs urgents.

Par ailleurs, si les gynécologues sont les spécialistes les plus nombreux, l’effectif est encore très insuffisant pour couvrir les besoins du système sanitaire. C’est pourquoi, j’encourage les confrères non encore spécialisés à s’y orienter prioritairement et massivement. Mais de grâce, venez par passion. Embrassez cette discipline par amour, vous n’en serez qu’épanouis ! »

A.B

Source : Matin Libre

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