sChristiane Chabi Kao, Productrice au sujet du FIFF-Cotonou : « La cohésion, la disponibilité, la compétence et le sérieux de l’équipe expliquent sa qualité et sa notoriété »

Scénariste et productrice originaire du Bénin, Christiane Chabi Kao n’est plus à présenter pour ses nombreuses œuvres pour le rayonnement du 7è art. A travers cette interview, elle nous donne ses impressions sur le Fiff -Cotonou, un jeune festival dont elle a contribué à la naissance.


Vous n’êtes plus à présenter aujourd’hui dans l’univers du 7e art. Comment a démarré cette merveilleuse aventure ?

Cette aventure a démarré le plus simplement possible. J’aime écrire depuis toujours. Le jour où j’ai su que mes petites histoires pouvaient être transformées en scénarios et tournées, je me suis donné les moyens pour atteindre ces deux objectifs en me faisant former en écriture de scénarios et en créant par la suite une société de production afin de produire mes films et ceux des autres.

Vous n’hésitez pas à soutenir les initiatives de jeunes. Quel est le regard que vous portez sur le Fiff Cotonou qui est à sa 3è édition ?

Je m’intéresse aux jeunes parce que c’est notre avenir. Ils sont vulnérables et le monde ne leur fait pas de cadeau. Je suis très fière de ce Festival. Il a vraiment su se frayer un chemin grâce à une équipe dynamique, parmi les festivals existants, et a atteint très vite des sommets de qualité insoupçonnés.

Vous avez été en amont de la naissance de ce festival. Pouvez-vous nous dire ce qui fait réellement sa particularité ?

C’est vrai que ce Festival est particulier. Le jour où Cornelia Glèlè et son équipe sont venus me faire part de leur désir de créer un festival, et solliciter mon approbation et mes conseils, en tant que Présidente à l’époque du Festival Lagunimages, j’ai tout de suite pensé à deux festivals qui m’avaient beaucoup marqué le Fiff de Créteil et le Fiff de Dakar. J’ai été invitée à ces deux festivals et j’ai adoré, parce qu’on pouvait parler sans fards, des contraintes liées au genre dans notre métier, s’échanger des expériences exclusivement féminines et créer des réseaux. Comme il y avait déjà au Bénin un certain nombre de festivals généralistes dont celui que je dirigeais, la vue de ces trois très jeunes femmes m’a poussée à leur conseiller de créer un Festival de Film de Femmes. Je suis contente qu’elles m’aient écouté, car le résultat va au-delà de tout ce que j’avais imaginé.

Le Kino wendia, un projet innovant pour valoriser le cinéma féminin est initié par Écran Benin en prélude au Fiff Cotonou. Que pensez-vous de ce projet en tant que professionnel ?

Je ne peux penser que du Bien de ce projet Kino Wendia. Un projet similaire intitulé Sept Jours Pour Un Film, avait été mené avec succès par le Festival Lagunimages. Ces projets poussent les futures professionnelles qui n’osent pas se lancer dans un des nombreux métiers du cinéma à sortir de leur zone de confort et à découvrir leur potentiel.

Le Fiff c’est la 3e édition. Quelles sont les forces et faiblesses de ce jeune festival
Comme certains Festivals, Fiff a ses faiblesses, notamment sur le plan financier. Je suis chaque fois avec tristesse le parcours du combattant que font les présidentes du festival Lagunimages et du Fiff pour financer les activités prévues. Rome ne s’étant pas construite en une journée, je pense que cette grande faiblesse va disparaitre un jour. Pour les Forces, je pense que la cohésion, la disponibilité, la compétence et le sérieux de l’équipe du Fiff sont des atouts non négligeables qui expliquent sa qualité et sa notoriété.

Est-ce que la promotion du cinéma féminin a un avenir au Bénin ?
Je pense sincèrement que le Cinéma Féminin à de très beaux jours devant lui. Nous sommes des Amazones. Au cours de l’année 2022 et en début d’année 2023, plus de femmes se sont distinguées dans le domaine du Cinéma et de l’audiovisuel. Les choses bougent.

Votre mot de la fin
Ne jamais se sous-estimer parce qu’on est des femmes faisant des métiers majoritairement masculins. Nous y apportons notre sensibilité, notre manière différente de voir le monde. Maintenant que l’industrie cinématographique se structure progressivement, j’invite les femmes qui ont la passion des métiers du cinéma et de l’audiovisuel à ne pas hésiter à se faire former pour réaliser leur rêve professionnel.

Propos recueillis par : Marina HOUNNOU (Coll.)

Source : Fraternité

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