Soudeur de plastique : Le métier qui fait son bonhomme de chemin

Le soudeur de plastique, de par son métier, devient important dans le quotidien des populations notamment depuis l’utilisation accrue des motos à plastique. Un instant passé dans un atelier de soudure de plastique permet de toucher du doigt la réalité.

Etiennne Tchikpa est un soudeur de plastique qui a son atelier dans un quartier peuplé de Cotonou. Ce jeudi à l’heure du laitier, à peine les portes de son atelier sont ouvertes et trois colis, bien emballés, sont reçus à la devanture. Quelques instants après, c’est un réfrigérateur qui est apporté. Les allers et retours des mécaniciens, accompagnés ou non de leurs clients, s’observent. Après avoir apprêté les lieux et les outils de travail, Etienne Tchikpa avive les morceaux de charbon chargés dans sa machine, dispositif constitué d’une roue à moto sur laquelle est fixée une manivelle et d’un couloir reliant la roue à un foyer à charbon réalisé à partir d’une jante de voiture de sorte qu’en actionnant la roue, la braise du charbon est attisée. Son apprenti se charge de l’actionner quand il n’est pas instruit à une autre tâche. Le soudeur, d’un air sérieux et serein, s’installe et enfonce dans la braise ravivée 3 ou 4 barres de fer. Les plus longues avoisinent 30 cm, la moyenne, 20 cm et la courte est au moins longue de 15 cm. L’apprenti déballe les colis. Ce sont des pièces en plastique des motos comme Haojoue, Luojia, Dream, Wave, Dayang, Sanya et la liste n’est pas exhaustive. Ces pièces sont ramenées déboulonnées, fissurées voire une partie fracassée. Le service de Etienne consiste à refaire les pas dévissés, coller les parties fissurées ou combler les vides des pièces dont une partie est allée en fracas. Avec d’autres morceaux de plastique à moto hors d’usage et les bouts rougeoyés des barres de fer laissées sous la braise, Le soudeur parvient à tout coller et tout réparer au point où l’agencement des pièces réparées aboutit à l’harmonie et au confort escomptés. Les prix sont aussi débattus entre Etienne et ses clients. Selon le service, les prix varient entre 300 et 1000 F CFA et même plus.

Un métier qui réclame beaucoup d’attention et de sérieux

Etienne Tchikpa ne s’est pas retenu de se confier à propos du parcours qu’il à déjà fait dans son métier depuis l’apprentissage. « C’est comme les autres métiers. J’ai signé mon contrat auprès de mon patron et j’ai été un apprenti assidu pendant plus de cinq ans avant ma remise de diplôme de fin de formation », a-t-il laissé entendre. Pour lui, le choix de ce métier est guidé par la passion. « En plus, je trouve fascinant le métier. Il est arrivé un moment où, même s’il existait, le métier a commencé à se révéler d’une grande importance dans la société. C’est le moment où beaucoup commencent à circuler les motos ‘’Djenana » comme moyen de déplacement ». Il poursuit en faisant remarquer qu’il a aussi choisi d’aller apprendre ce métier à une période où il n’a que le sentiment de désespoir vis-à-vis des autres métiers. « Je voyais des coiffeurs, des couturiers et d’autres qui, après le diplôme au terme de leur apprentissage, reviennent dans le ‘’zémidjan ». Une situation qui m’amenait à me poser la question sur le métier d’avenir », a-t-il signalé. Il n’y a pas que Etienne Tchikpa qui témoigne de l’importance du métier de soudeur de plastique. Pour Firmin, peintre, grâce à ce métier, ce n’est plus nécessaire d’aller acheter chaque fois le plastique neuf qui coûte vraiment cher. « Quand le soudeur de plastique répare et tu mets la peinture, cela revient à l’état neuf. Et ce n’est pas les mêmes dépenses si tu dois aller acheter un nouveau plastique », a-t-il fait remarquer. M. Achille se sent séduit par la qualité du service qu’offre Etienne. « Je quitte loin pour venir à son atelier et lui-même ne le sait certainement pas. Quand il fait son travail, je suis vraiment satisfait », a-t-il confié. Il déplore juste le fait qu’il coûte un peu cher.

La précision et l’exactitude dans la prestation

M. Etienne fait également part des contraintes du métier. « Il faut respecter avec précision, les niveaux, les mesures et les pas sur chaque pièce à réparer un peu comme si c’était à l’état neuf. Tel le travail d’un médecin, prendre les dispositions qu’il faut pour réussir le travail confié est mieux que le faire avec des erreurs et vouloir reprendre après », a-t-il fait comprendre. Il a notifié que c’est à cause de ces contraintes que certains clients estiment qu’il coûte cher. L’autre contrainte pour lui, ce sont des pièces des voitures et des camions qu’on lui apporte. De même, ceux qui ont des chaises en plastique, des tables, des réfrigérateurs dont des parties sont fissurées ou brisées, ont aussi recours à ses services. En dépit des contraintes, il ne se plaint pas parce que c’est un métier qui nourrit son homme. Il aspire aussi à élargir son cadre de travail, initier plusieurs apprentis et se doter de matériels de travail sophistiqués et modernisés. Pour cela, il compte travailler dur pour apporter la satisfaction aux clients et renforcer ses capacités en ce qui concerne les pièces des voitures.
Fidégnon HOUEDOHOUN

Source : Fraternité

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