Terrorisme et autorité judiciaire : La Kas et l’Abess mènent le débat à Cotonou

L’hôtel Casa Cielo de Fidjrossè abrite depuis hier un colloque organisé par l’Association béninoise d’études stratégiques et de sécurité en partenariat avec le Programme régional Etat de droit de la Fondation Konrad Adenauer. L’autorité judiciaire en lien avec le terrorisme sera débattue au cours de ces travaux qui ont réuni un panel assez fourni de spécialistes de la question.

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« Le colloque qui nous réunit ce matin(ndlr 8 avril 2022) porte sur les défis auxquels la justice est confrontée dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et du Centre ». C’est par ces mots que Ingo Badoreck, Directeur du Programme régional Etat de droit de la Fondation Konrad Adenauer a planté le décor. Pour lui, la terreur sur le continent prend des proportions inquiétantes. Dans la plupart des cas, les pays apportent une réponse militaire à ce phénomène. Or, cette approche exclusive ne suffit pas, car « les autorités judiciaires nationales et internationales devraient assumer leur rôle, d’une part, pour faire en sorte que les auteurs de crimes répondent de leurs actes, et d’autre part, pour exercer leur fonction de contrôle en ce qui concerne le respect des droits fondamentaux et des principes d’un procès équitable », a-t-il martelé. « Ce que nous ferons en ces deux jours, c’est l’état des lieux parce que des Etats ont créé des juridictions, adopté des législations pour faire face à la prééminence du terrorisme dans la région mais, nous n’avons pas toujours l’occasion de faire le bilan, d’échanger sur des pratiques qui existent dans certains pays et qui peuvent inspirer d’autres également », confie-t-il. En effet, , « il y a aujourd’hui un prisme militaire d’approche préventive, d’approche de solution par rapport à l’insécurité que vit la région du fait du terrorisme et nous pensons qu’il y a une sorte d’insuffisance sur cette question-là parce que la judiciarisation de notre point de vue est assez faible en terme de capacité d’enquête et également de capacité de coopération entre les services de police judiciaire, entre les juridictions en général », a renchéri Oswald Padonou, président de l’Association béninoise d’études stratégiques et de sécurité. Magistrats spécialisés, militaires, policiers et les universitaires, venus du Bénin, de la Côte-d’Ivoire, du Niger, du Burkina-Faso, du Mali, de la Mauritanie, de la Guinée, du Sénégal, du Cameroun et du Tchad vont approfondir les réflexions au cours de ces deux jours de travaux sur « La place de l’autorité judiciaire dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et du Centre ».

« Etat des lieux-présentation des juridictions : mandat, dossiers instruits et jugés, difficultés rencontrées, défis identifiés ; Analyse comparée-Les leçons à tirer des expériences africaines : I ‘organisation des enquêtes, la tenue de procès, etc. ; Les droits de la défense en matière de terrorisme ; La preuve dans l’enquête et le procès anti-terroriste : retours d’expériences africaines et d’Interpol ; L’opinion publique et le temps judiciaire en matière de terrorisme : comment concilier les attentes et exigences ? ; La coopération judiciaire antiterroriste : état des lieux et perspectives africaines, verront distribuer sur la scène », tels sont les thèmes des communications qui seront présentées par des praticiens dont Abderrahmane Cheikh Sidi Mohamed, Président de la Cour criminelle spéciale chargée de la répression des crimes et séquelles de l’esclavage (Mauritanie)/Ancien juge d’instruction anti-terroriste ; Dr. Cyriaque Dossa, Magistrat, Président de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) ; Émile Zerbo, Magistrat, Procureur du Pôle judiciaire anti-terroriste, Ouagadougou (Burkina Faso).

Source : Fraternité

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