Vienne – Nucléaire iranien: Washington et Téhéran de retour à la table des négociations

Les États Unis participent à des discussions mardi à Vienne pour tenter de sauver l’accord international sur le nucléaire iranien, marquant une évolution notable de la politique américaine.

Américains et Iraniens se retrouvent, mardi 6 avril, dans la capitale autrichienne pour des premières négociations indirectes, avec des diplomates de l’UE en intermédiaire, pour sauver l’accord de 2015. Les deux délégations ne seront pas dans la même pièce, mais elles négocieront indirectement, l’équipe du chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borrell jouant les intermédiaires. Le but sera de trouver une feuille de route pour des « mesures réciproques et chorégraphiées », permettant aux uns et aux autres de revenir dans les clous de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Les représentants des autres pays signataires de l’accord (la Chine, la Russie, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni) seront également présents dans la capitale autrichienne, dans le cadre d’une réunion de la Commission conjointe de supervision de l’accord de 2015. Deux groupes de travail doivent plancher sur les aspects pratiques de la levée des sanctions américaines et du retour de l’Iran à la mise en œuvre intégrale de ses engagements nucléaires.

Deux mois pour trouver un accord

Le ministre iranien des affaires étrangères rejette toute levée progressive des sanctions américaines, et plaide en faveur de leur suppression complète, préalable au respect par Téhéran de ses engagements. « L’objectif est un accord pour le retour des États-Unis dans les deux prochains mois, avant l’élection présidentielle en Iran, » affirme, de son côté, Josep Borrell.

Reste à savoir s’il s’agirait d’un accord de principe, mis en œuvre après l’élection présidentielle iranienne de juin, une fois en place le nouveau gouvernement iranien, ou si une séquence de mesures réciproques (levée des sanctions américaines contre respect des engagements iraniens) pourrait intervenir avant, au moins en partie. Quels que soient la formule et le calendrier, l’approbation du Guide suprême Ali Khamenei sera nécessaire. « Le sentiment est que nous sommes sur la bonne voie, mais que le chemin à parcourir ne sera pas facile et nécessitera des efforts intensifs », souligne Mikhail Ulyanov, représentant permanent de la Russie à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

L’ancien président américain Donald Trump avait claqué la porte, en 2018, de l’accord conclu trois ans plus tôt par son prédécesseur, et rétabli toutes les sanctions contre Téhéran. En retour, l’Iran a graduellement violé ses engagements sur le stock d’uranium faiblement enrichi, la reprise de la production d’uranium enrichi à 20 %, les capacités de recherche et de développement, le nombre et le type de centrifugeuse ou encore l’uranium métal. Ces mesures, présentées comme « réversibles » par Téhéran, donnent aux Iraniens un levier dans la négociation.

Source : BENIN WEB TV

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