Si elle n’était que le fruit de notre imaginaire ou apparente dans les films de science-fiction, aujourd’hui, l’intelligence artificielle s’invite partout et fait partie intégrante de notre quotidien même si nous ne nous en rendons pas forcément compte.

 

L’intelligence artificielle : qu’est-ce que c’est ?

Composé de deux mots, le terme « intelligence artificielle » désigne toute intelligence qui se substitue au naturel. Elle peut également être définie comme tout outil utilisé par une machine afin de « reproduire des comportements liés aux vivants (humains ou animaux), tels que le raisonnement, la planification et la créativité ».

Quels sont les domaines d’intervention de l’IA ?

Aujourd’hui, l’IA ne saurait être circonscrite à un, deux ou trois domaines particuliers. Ses champs d’application sont très variés. Du transport à la finance, tout en passant par le commerce et le domaine artistique, l’IA est partout. Même dans notre vie de chaque jour.

Les assistants personnels tels que Siri chez Apple, Cortana chez Microsoft et Alexa chez Amazon sont des IA destinées à nous accompagner dans nos tâches quotidiennes : appeler un contact, régler notre alarme, rédiger un mail ou planifier un RDV.

Au niveau des transports, Tesla est la marque qui ne passe plus inaperçue de même que les pilotes automatiques. Mais bien au-delà, des IA sont capables aujourd’hui de favoriser la sécurité routière. Comment ? En détectant de manière automatique des signes de fatigue chez les conducteurs automobiles.

En médecine, l’IA peut aujourd’hui être utilisée pour dépister un cancer et le stade d’évolution d’une tumeur et bien plus encore. Fondée par Bertin Nahum un franco-béninois, la société Medtech est aujourd’hui mère de ROSA, une technologique médicale robotisée et dédiée au traitement du cancer de foie.

Généralement, nous nous demandons pourquoi TikTok nous propose des vidéos à notre goût ou Instagram des photos telles que nous les aimons, Spotify des mélodies agréables à notre écoute. Derrière ces réseaux sociaux, applications et logiciels existent des algorithmes ou programmes informatiques ici dénommés IA qui n’ont d’autre rôle que d’identifier nos préférences et de maximiser notre expérience utilisateur.

Et si, un jour, l’IA pourrait à son tour diriger des hommes… Ce jour n’est plus loin, car il est déjà passé. En septembre 2022, le premier patron robot a été désigné pour diriger une entreprise de jeux vidéo en Chine (Mme Tang Yu).

En agriculture, plus besoin de surveiller un champ ou un poulailler. Plus besoin de creuser et d’aller au laboratoire pour connaître la composition de son sol. Il suffit d’un survol de drone avec le matériel nécessaire ou l’usage d’un capteur adéquat et tout est fait.

On ne saurait également parler de domaines d’intervention d’IA sans parler de ChatGPT, l’Intelligence artificielle qui n’a pas encore fini de parler d’elle. Utilisée par presque tous, elle a réponse à tout ou presque tout. Il suffit de bien lui adresser votre préoccupation. Plus besoin de réfléchir longtemps pour proposer votre prochain poste ou article LinkedIn. GPT le fait pour vous à votre demande.

L’IA devient-elle une donnée insaisissable ?

Le monde d’aujourd’hui est celui de la technologie, de la haute technologie. Et si l’IA semble devenir incontournable, elle devrait plus être considérée aujourd’hui comme un allié plutôt que le ravisseur de notre boulot. Eh oui, l’IA n’est pas une donnée insaisissable. Plus nous nous rapprochons du profil de l’utilisateur final, plus nous avons peut-être du mal à comprendre son véritable fonctionnement, mais ses concepteurs en détiennent le secret de la genèse.

L’IA a prouvé partout son efficacité et son utilité, même si des biais restent à corriger. La machine continue d’apprendre. Elle apprend et s’améliore. Les technologies évoluent et pour relever des défis plus grands, il faudrait faire équipe avec l’IA.

Et le Bénin ne reste pas en marge de ces avancées. Les efforts du Gouvernement et des différents acteurs à divers niveaux sont à féliciter. En effet, en Janvier 2023, la Nation Béninoise s’est dotée de sa stratégie nationale d’intelligence artificielle et des mégadonnées et aujourd’hui occupe la 3ème place en Afrique de l’Ouest dans la catégorie des pays les mieux préparés à une adoption de l’IA dans le secteur Public.

Au regard des dérives observées sur l’usage de l’IA peut-on la réguler ?

Au-delà du pouvoir de réguler l’IA, c’est un devoir. En 2016, un robot de discussion (chatbot) développé par Microsoft s’est très vite vu « débranché » de la plateforme Twitter. Accusé d’être fou, ce dernier affichait un caractère raciste et antisémite envers les personnes avec qui il était censé discuter.

Cela n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des dérapages des IA. Au déploiement de ChatGPT basé sur le modèle GPT-3, ce dernier était capable d’expliquer tout aisément le processus de fabrication d’un explosif. Mais aujourd’hui, que nenni !

Alors oui, il est possible de réguler l’IA et c’est une nécessité. Pour ce faire, entraînement continuel, données apurées et restrictions.

La machine ne cesse d’apprendre et elle apprend sur les données mises à sa disposition. Pour éviter donc les dérapages, il est nécessaire que la machine n’ait connaissance de ces derniers et au mieux ne puisse se confondre à s’y retrouver. Ce qui fait parler des restrictions. Mais mieux il faudrait mettre en place des lois spécifiques aux questions relatives à l’IA ainsi que des dispositions pour garantir le respect de ces lois.

Du point de vue éthique et moral, l’Intelligence Artificielle pose des problèmes : comment les régler ?

L’IA n’est pas neutre et saurait très vite prendre parti. Elle est une intelligence pas humaine, certes, mais imitatrice des réflexions humaines. Si dans un contexte où, longtemps, les noirs ont été considérés comme premiers suspects en cas de crime, alors l’automatisation de la justice serait plus amenée à réagir ainsi (cas de l’algorithme COMPAS aux États-Unis). Ce ne sont que les résultantes des biais algorithmiques : biais liés aux données d’apprentissage de l’IA. Il faudrait donc pour corriger les erreurs du passé et celles à venir définir des pratiques de surveillance pour la collecte de données afin de garantir la qualité de celles-ci.

Mais aussi que feriez-vous si demain vous voyez une photo de vous dans une situation compromettante alors qu’à l’instant de la capture de la photo vous étiez dans votre lit ou en train de profiter de vos vacances ? Avant de vous justifier, vous serez d’abord dans de beaux draps. C’est pour cela que le monde doit pouvoir se doter de lois encadrant l’usage des intelligences artificielles et protéger la vie privée des individus. Des travaux sont en cours dans le monde pour pallier ces problèmes. Et chacun peut jouer sa partition.

Et d’après vous, de l’humain ou de l’intelligence artificielle, qui aura le dernier mot ?

Source : Matin Libre

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