Jerôme Dotou, président du comité de cogestion de la forêt de Ouèdo au sujet de la contribution des populations : « Nous avons un plan d’aménagement de la forêt classée qui nous sert de boussole dans nos activité »

La forêt classée de Ouèdo est cogérée avec les populations qui y jouent l’essentiel des activités d’exploitation de la forêt. Elles sont 500 personnes directement impliquées à travers le comité inter-villageois de cogestion. C’est avec cette organisation que les modalités de leur gain sont définies et gérées. On découvre l’implication des populations dans la gestion de la forêt classée avec Jerôme Dotou, président du Comité.


Comment les populations sont impliquées dans l’exploitation de la forêt classée de Ouèdo ?

Nous avons un plan d’aménagement de la forêt classée élaboré par le gouvernement et mis à notre disposition. C’est ce qui nous sert de boussole dans notre travail. Au début de chaque année, c’est ce document qui nous indique ce que nous devons faire durant l’année. Ainsi, s’il y a des arbres que nous devons couper dans l’année, c’est dans le document que nous avons les renseignements. Et quand nous coupons des arbres sur un espace donné, nous en replantons aussitôt l’année d’après. Il faut attendre 7 années pour couper des arbres sur cet espace reboisé. Nous travaillons dans la forêt chaque mois et nous sommes environ 500 personnes. Ici, nous avons des acacias mais aussi des plantes à vertus médicinales. La forêt classée fait assez de bien aux populations des 8 villages de Ouèdo. Il s’agit de Kpossidjè, Atasinkomey, Adjagbo1 et 2, Alansankomey, Ouèdo Désato, Ouèdo centre et Atchokomey. Les ouvriers de cette forêt ne sont pas composés uniquement des populations de ces villages de Ouèdo mais on y compte des personnes de villages lointains comme Glo, Hêvié ou même Calavi centre.

Est-ce que vous arrivez à vivre de ce travail que vous faites dans la forêt classée ?

Oui, nous vivons de cela et ce depuis des années. Nous sommes payés par l’Etat chaque année, chacun prend son quota au prorata de ce qu’il a donné comme rendement durant l’exercice.

Avez-vous d’autres activités parallèles ?

Oui, nous en avons mais c’est toujours dans la forêt. Après avoir mis les plants en terre sur une parcelle, nous semons également du maïs, du haricot et de l’arachide entre les plants. Ces productions nous appartiennent et nous les exploitons pour manger et commercialiser, c’est notre revenu.

Combien gagnez comme revenu de vos activités contractuelles avec l’Etat ?

Nous avons ici une unité de mesure qu’on appelle stère équivalant à1 mètre cube de bois coupé en section de 1 mètre (Ndlr). Nous sommes donc payés à 1.500 Francs CFA le stère. Chacun a une perche dans la forêt qu’il gère et c’est cette perche qu’il coupe les arbres pour l’Etat. En une année, nous exploitons 52 Hectares. Lorsque nous coupons les arbres, nous les rangeons en stère. L’Etat les réceptionne et les vend aux structures de CLCAM. Après avoir exploité la part des espaces morcelés, chacun est libre de faire de champs en attendant un nouveau reboisement. Une personne prend un demi-hectare et peut parvenir à récupérer 15 à 40 stères selon la production. Chaque stère peut donner 5 à 15 bois.

Source : Fraternité

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