Nomination d’un Rwandais à la tête de l’ANIP : Les analyses de Claude DJANKAKI

Mon avis sur le 20è anniversaire de la Décentralisation et la polémique en cours sur la direction de l’ANIP




Vous êtes très nombreux à me solliciter pour une interview écrite, une émission radio ou télévisée. Ne pouvant pas vous satisfaire, je m’en voudrais de ne pas faire la mise au point suivante :

1/Depuis bientôt quatre (4) ans, je suis devenu le régent de ma collectivité c’est à dire le plus âgé d’un ensemble d’une dizaine de familles qui composent la collectivité. C’est une grâce et je remercie Dieu à travers mes ancêtres. Dans notre culture, Dieu le créateur est si dense et immense que, seuls les divinités et les ancêtres jouent entre nous le rôle de la médiation. Pour assurer au mieux cette fonction, je me suis reconverti dans la recherche du savoir et le savoir être en matière de gardien des traditions ancestrales. C’est à ce titre que beaucoup de personnes ont pu bénéficier des recettes de grand-mère pour se soigner à peu de frais. Des témoignages de satisfaction et de guérison nous sont adressés au quotidien.

Comprenez donc mon recul. Surtout que, après 30 ans de carrière et des années de retraite, je ne me suis senti aussi utile à la société étant Expert en Finances Publiques et Décentralisation. Le Chef de collectivité, Gardien de la tradition ancestrale, tire sa légitimité des ancêtres, les premiers pharaons noirs d’Égypte, berceau de l’humanité. C’est pourquoi, je partage les recettes grand-mère à toute l’humanité, étant donné que la vie est sacrée et inaliénable sans distinction de race, de sexe, de religion ou toute autre situation.

2/Revenant à l’actualité en cours (Décentralisation et la gestion de l’ANIP)

Disons d’entrée que je note une conception médiocre des enjeux de la Décentralisation. Le gouvernement ne se préoccupe pas de l’équilibre le mieux approprié entre centralisation et Décentralisation. Revenir encore sur cette question me semble peine perdue. Dans un pays souverain, l’on note des ministères, des Institutions, des directions et services de souveraineté.

Au départ, nous avions quatre (4) ministères de souveraineté.

- le ministère de l’intérieur, de la sécurité et de l’administration territoriale.

- le ministère de la Défense

- le ministère des Finances

- le ministère de la Justice

Tous les autres ministères ne sont que les démembrements des tâches assignées au ministère de l’intérieur.

Le poste du Ministre de l’intérieur était si convoité que, sous la révolution du 26 octobre 1972, c’est le capitaine Michel Aïkpé, l’un des co leaders du coup d’Etat avec le Commandant Mathieu Kérékou qui prend ce poste. Un pays souverain gère le contrôle des entrées du territoire : les frontières, les aéroports, les ports, les Institutions et les directions de souveraineté.

Dans la société pré coloniale, c’est le To-Hossou qui veut dire roi du village qui rend compte au roi le souverain par voie hiérarchique en passant par le Togan, chef de province qui se réfère au Migan, ministre de l’intérieur. Tout est stratifié au point où, le To-Hossou roi du village dans l’administration du royaume de Danhomè, commandait les Sranon, chef de quartier, lesquels administraient directement les sujets à l’aide des Chefs de recensement appelés Hagan.

Il faut donc étudier les problèmes de la nation suivant une approche systémique et non bâtir une société en ayant une gomme à la main, et ce, pour effacer tout un pan de l’histoire. La gestion de l’état civil de mon point de vue convient à un Administrateur civil, de préférence un Préfet ou un Ancien Préfet qui a prouvé par le passé sa compétence, sa probité et son intégrité.

Si le Bénin est incapable d’identifier un tel cadre au sein du personnel politique et administratif du système au pouvoir, autant arrêter la réforme du système partisan et fermer l’ENA. Car, les données personnelles des Béninois comme partout dans le monde, relèvent des tâches et fonctions de souveraineté que l’on ne saurait confier à des étrangers. Nous devons apprendre à tisser la nouvelle corde au bout de l’ancienne pour éviter de décapiter l’administration du territoire et, par ricochet les secrets d’un État souverain.

Dah Claude Cossi Djankaki

Administrateur à la retraite

Source : Fraternité

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