Problématique de l’essence: « (…) si on n’avait pas autant de stations aujourd’hui »

(Le gouvernement justifie les files ici et là malgré la multiplication des stations)

 

 

Comparativement à il y a une dizaine d’années, beaucoup de stations-services sont construites au Bénin. Mais avec la mesure de suspension de la subvention de l’essence prise par Nigeria, qui a entraîné une hausse du prix de l’essence de la contrebande, on constate de files sur certaines de ces stations. Au cours de la traditionnelle rencontre hebdomadaire qu’il tient avec les médias, le porte-parole du gouvernement a expliqué pourquoi ces « files ici et là » et ce que le gouvernement fait pour que la situation ne crée pas de désagréments aux consommateurs.

« 70% de l’essence consommée au Bénin proviennent du circuit informel. Ça veut dire que structurellement au jour d’aujourd’hui nous avons 30% des consommateurs d’essence au Bénin qui vont sur les stations-services. Lorsque 70% qui allaient vers le circuit informel se retrouvent à devoir payer un prix supérieur à celui qui est pratiqué dans le formel, le réflexe de l’agent économique c’est d’optimiser les gains. Il veut dépenser moins et gagner plus. Donc il se détourne de l’informel et va sur les stations ; c’est ça qui crée cette tension que vous avez observée ces jours-ci où il y a des files ici et là ». Voilà comment le secrétaire général adjoint du gouvernement et porte-parole du gouvernement résume la situation de la hausse du prix de l’essence de contrebande au Bénin avec beaucoup de consommateurs qui ont désormais opté pour le liquide précieux à la pompe. Les stations-services n’ayant pas prévu cette conjoncture, c’est donc normal qu’on observe de flottements dans la fourniture du service. « Quand vous êtes sur le marché et vous savez que le potentiel est utilisé à 30% par le formel, ceux qui sont là, ils font leur commande en tenant compte de la réalité du marché. S’il sait que c’est 30% qui viennent, il ne va pas commander pour les 100% en même temps. Mais aujourd’hui le besoin dans le formel aura quadruplé en l’espace de 48 heures seulement », a laissé entendre Wilfried Léandre Houngbédji, qui souligne : « si cette conjoncture devrait durer, nous avons demandé à ces opérateurs de faire des efforts d’approvisionnement en temps réel et assez vite pour qu’on n’assiste pas à des files sur nos stations, de quoi créer des désagréments aux populations ». Et de préciser : « et nous n’avons pas augmenté les prix en station ! ». Le gouvernement a instruit à cet effet la ministre de l’industrie et du commerce avec ses équipes pour prendre langue avec les opérateurs du secteur, a ajouté le porte-parole.

« (…) si on n’avait pas autant de stations aujourd’hui »
Il est vrai qu’on note des files ici et là avec des difficultés d’approvisionnement pour certains. Ce qui pourra être corrigé quand les stations auront de nouvelles commandes à la hauteur de la demande actuelle. Mais Wilfried Léandre Houngbédji s’est tout de même réjoui de ce que le Bénin, sous le gouvernement de Patrice Talon a anticipé pour ne pas vivre le pire, face à ce genre de conjoncture. « Faites un retour 10, 15 ans en arrière et imaginez la même situation et visualisez nos stations si on n’avait pas encouragé la diversification, la multiplication des stations dans nos grandes villes et dans tout le pays. Regardez bien, quand vous voyez bien ces files, elles sont contenues ; ce n’est pas des files kilométriques. Imaginez bien si on n’avait pas autant de stations aujourd’hui. Et cette dynamique, personne ne peut contester que c’est depuis 7 ans seulement qu’elle a commencé et qu’elle s’amplifie », a déclaré le porte-parole du gouvernement. Et d’ajouter : « Nous avons été dans l’anticipation en œuvrant pour que les stations essaiment partout afin qu’on ne dise pas ici ou là, c’est parce qu’il n’y a pas de station, c’est parce qu’il n’y a pas de source formelle que l’informel prospère. Nous allons même encourager les tenanciers de l’informel à se formaliser pour se mettre ensemble, avoir des stations. Il y en aura de plus en plus, j’espère ».

JB

Source : Matin Libre

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