Refoulement des députés de l’Opposition: Les coulisses d’une visite avortée

Dans l’après-midi d’hier, mercredi 8 février 2023, les députés élus du parti Les Démocrates n’ont pas pu voir le professeur Joël Aïvo. Ils ont été refoulés au portail de la prison civile de Cotonou, officiellement à cause la lutte contre le Covid-19.

 

A quelques jours de leur prise de fonction, les députés de l’opposition ont entamé une tournée auprès de leurs leaders emprisonnés dans le cadre de l’élection présidentielle d’Avril 2021. Ils étaient dimanche dernier à Missérété pour y rencontrer Reckya Madougou, ancienne candidate du parti Les Démocrates. Mais hier après-midi, ils ont été refoulés à la porte de la prison civile de Cotonou où le professeur Joël Aïvo purge 10 ans de prison. La raison officielle de ce refus serait les mesures barrières contre le Covid-19. Un argument qui a beaucoup surpris les élus qui sortent d’une campagne électorale normale et qui voient les nombreuses manifestations culturelles et sportives qui se déroulent depuis plus d’un an sans la moindre contrainte liée à la pandémie du Covid-19.

Les coulisses de la visite

L’administration pénitentiaire aurait demandé aux élus d’écrire au procureur pour obtenir l’autorisation de voir le professeur, au grand dam des députés. Il y a quelques jours, par la voix d’un responsable du parti Les Démocrates, les nouveaux élus avait fait part à l’entourage de l’opposant de leur intention d’aller lui rendre visite pour lui renouveler leur sympathie et leur soutien face à ce qu’ils considèrent comme une injustice, et en profiter pour évoquer avec lui les défis qui se présentent à la nation. Joël Aïvo a donné son accord tout en leur transmettant son regret de ne pouvoir recevoir qu’une partie du groupe, vu que ses conditions de visite seraient toujours exagérément drastiques. Selon nos sources, l’universitaire reçoit ses rares visiteurs, y compris celles de ses enfants et de son épouse, debout derrière une grille métallique à l’entrée de la prison. C’est donc en petit comité que les nouveaux élus du peuple se sont présentés, mercredi après-midi, à la prison civile de Cotonou. La veille, le professeur avait formellement informé l’administration de la prison afin qu’elle facilite la visite des députés et lui permette “de les recevoir pour quelques minutes, dans les conditions habituelles de visite”. Une demande à laquelle l’administration pénitentiaire aurait opposé une fin de non-recevoir : “je suis au regret de vous annoncer que cette visite ne pourra pas être autorisée pour la simple raison que depuis le 17 mars 2020, le ministère de la justice a suspendu pour cause de Covid-19, les visites dans tous les établissements pénitentiaires du Bénin”, peut-on lire dans la réponse du régisseur. Pourquoi le professeur Joël Aïvo n’aurait-il pas le droit d’échanger avec des élus du peuple ? Quelle crainte peut-il susciter au point de justifier une intransigeance aussi radicale envers lui ? Aussi bien du côté de ses partisans que dans les rangs des députés refoulés, la question se pose avec gravité et suscite de l’indignation de leur part, d’autant plus que l’argument Covid semble fallacieux.

M.M

Source : Matin Libre

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