Séismes en Turquie et en Syrie : la communauté internationale se mobilise

Alors que les secours continuent de déblayer les décombres à la suite des séismes qui ont frappé lundi 6 février la Syrie et la Turquie, la communauté internationale s’est mobilisée pour venir en aide au deux pays.

Alors que le bilan provisoire fait état de plus de 2 600 morts après les séismes qui ont touché la Syrie et la Turquie, la communauté internationale a rapidement réagi, à la demande notamment des pays endeuillés. « La Syrie appelle les États membres de l’ONU (…) le Comité international de la Croix-Rouge et d’autres groupes humanitaires (…) à soutenir les efforts du gouvernement syrien pour faire face au séisme dévastateur », a déclaré le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L’Union européenne (UE) a activé son « mécanisme de protection civile » et des équipes issus de dix États membres ont été « rapidement mobilisées » avec des troupes roumaine et néerlandaise déjà sur place. La Grèce, de son côté, a promis de « mettre à dispositions toutes ses forces » pour aider la Turquie. Athènes, qui entretient des relations orageuses avec son voisin et rival régional, avait déjà annoncé l’envoi d’une vingtaine de pompiers et d’aide humanitaire.

Solidarité internationale

Autre pays européen en proie aux tensions diplomatiques avec Ankara, la Suède a assuré par la voix de son Premier ministre Ulf Kristersson qu’« en tant que partenaire de la Turquie et en charge de la présidence de l’UE », elle était « prête à offrir (son) soutien ». De son côté, l’ONU a déjà déployé des équipages sur place, selon son secrétaire général Antonio Guterres : « Nos équipes sont sur le terrain pour évaluer les besoins et fournir une assistance ».

Les États-Unis, le Royaume-Uni, mais aussi la Chine, la Russie ou encore l’Ukraine ont déclaré l’envoi d’aide à destination des deux pays meurtris.

Mais sur place, les conditions de sauvetage sont compliquées, à l’image du nord-ouest de la Syrie, où Médecins sans frontières (MSF) est une des rares organisations humanitaires internationales à être présentes. L’ONG gère un hôpital et des cliniques mobiles dans le gouvernorat d’Idlib, une région contrôlée par des groupes rebelles et djihadistes. MSF a été sollicitée très rapidement après le tremblement de terre pour venir en aide aux blessés.

Zone d’accès difficile

« A Idlib, on a été pas mal sollicité par les hôpitaux qui prennent en charge les traumatismes, les fractures pour des renforts de personnel, du matériel médical et des ambulances », explique Hakim Khaldi, chef de mission de MSF en Syrie, joint au téléphone par Murielle Paradon, journaliste au service international de RFI.

MSF est également présent au nord d’Alep, dans la région d’Azaz, Afrin et Al Beb. Et là, c’est du matériel spécifique qui manque pour soigner les fractures. « Le problème est de trouver du plâtre pour soigner les fractures. C’est ce que nous demandent le plus les hôpitaux et ce qu’on a le plus de mal à trouver actuellement. Il y a une très forte demande et on essaie de résoudre cette rupture de stock », poursuit Hakim Khaldi. Le nord-ouest de la Syrie, où vivent beaucoup de déplacés de guerre, reste une zone très difficile d’accès pour l’aide internationale.

Charte internationale

Pour faciliter le travail des équipes de secours et coordonner l’aide internationale, une charte a été activée : la Charte internationale espace et catastrophes naturelles. Lancée en 2000, elle regroupe 17 agences spatiales et organismes de plusieurs pays qui s’organisent pour mettre à disposition leurs données satellitaires aux secouristes.

« Quand la charte est activée, on se met ensemble pour fournir des données spatiales à disposition des services de secours locaux qui vont avoir besoin des données pour savoir où a eu lieu précisément la catastrophe, quelles sont les villes impactées, où est-ce qu’il faut mobiliser les ressources. On mobilise un ensemble de satellites avec un travail d’interprétation pour combiner les différentes données et amener une information directement utilisable par les services de secours. La charte a été mobilisée près de 800 fois depuis sa création, donc c’est un outil extrêmement utile pour les États qui sont confrontés à ces difficultés », précise Philippe Baptiste, président du CNES, l’agence spatiale française, joint au téléphone par Simon Rozé, journaliste au service France de RFI.
Source : rfi

Source : Fraternité

Laisser un commentaire