Selon les prêtres du Fâ, réunis au sein de l’Ong « Vivre Mieux », l’année 2023 est placée sous le signe « Sa Tchê ». De leur explication, ce signe invite à la prudence sur les routes « car il y aura beaucoup d’accidents causés par la sorcellerie ». Du coup, évoquant la portée spirituelle du drame de Dassa, qui a coûté la vie à plus d’une vingtaine de personnes, lors d’un accident de circulation, des Béninois se demandent si les sacrifices nécessaires avaient été faits comme l’indiquaient les prêtres du Fâ. Rien, nenni, a rétorqué le prêtre Fâ David Koffi Aza. Au cours d’une émission télévisée, le président de la Confédération nationale des cultes endogènes du Bénin (CoNaCeB) a laissé entendre que les sacrifices n’avaient pas été faits. « Il a été demandé de faire recours à la divinité Ogou qui a été finalement retrouvé à Dassa, non loin du lieu de l’explosion du dimanche dernier (dimanche 29 janvier, Ndlr). Si les sacrifices demandés avaient été faits, on aurait pu éviter le pire, vu que la divinité ne demande rien d’autre que 2 moutons, 2 poulets et quelques boissons », a déploré David Koffi Aza, invité de l’émission « Carré Politique » sur Bi News, ce samedi 04 février 2023.

 

Avis que ne partage pas l’astrologue Rabbi Tan. Interviewé par Golfe Tv Africa, Rabbi Tan laisse entendre que les sacrificies ont été faits. « Les sacrifices ont été faits. Ce n’est pas que les sacrifices n’ont pas été faits. Ils ont été faits. Mais individuellement chacun de nous, quand le sacrifice général est fait, doit aussi se prendre au sérieux pour dire que le signe du Fâ a dit ça, si le sacrifice général est fait, il faut que chacun fasse aussi le sacrifice pour se protéger individuellement » a-t-il laissé entendre. Pour lui donc, les plus de 20 personnes qui ont péri dans la flamme et ceux qui, quelques jours après, ont succombé à leurs blessures à l’hôpita,l sont ceux qui n’ont peut-être pas pris les dispositions qu’il faut de façon individuelle. « Vous aurez constaté que dans ce drame de Dassa, tout le monde n’est pas décédé. Il y a eu des survivants. C’est parce que Dieu est avec eux. Peut-être que c’est des gens qui se sont pris au sérieux, des gens qui ont fait des sacrifices, utilisé des trucs de protection », pense l’astrologue.

Intervenant sur le même sujet, le consultant spirituel et spécialiste du Fâ Maître Bobos, Sylvain Adoho à l’état civil, estime que le sacrifice a été fait, mais pas comme on l’aurait souhaité. « Les Bokonons ont fait ce qu’ils peuvent. En réalité, le Bokonon n’a pas le pouvoir de balayer le danger, le Bokonon a la possibilité d’émietter le danger afin de le vivre ou que le consultant le vive à compte-goutte. On a la possibilité de faire des sacrifices pour émietter l’énergie. Peut-être que le peu de sacrifice qu’on a fait a dimunié le choc. Mais on pouvait faire beaucoup plus. Nous nous tuons nous-mêmes. Il faut que chaque béninois se prenne en charge », a conseillé Maître Bobos.

Qui doit faire les sacrifices ?

Après chaque Tôfa, les mêmes plaintes de sacrifices non effectués sont enregistrées. Pour certains l’Etat, le ministère de la culture en l’occurrence, devrait prendre en compte tout le processus, s’assurer que les sacrifices sont faits, après chaque édition du Tôfa. Mais avec les initiatives de Tôfa qui se sont multipliées, le ministère a dû avoir l’embarras de choix. De plus, le Bénin étant un pays laïc, d’aucuns estiment que l’Etat ne doit pas s’impliquer dans une initiative privée à caractère religieux, plus particulièrement de la religion endogène.  Ces derniers estiment que ce sont ceux qui ont pris l’initiative de consulter chaque année les oracles qui devront s’assurer que tous les sacrifices soient faits. Ils ne devraient rien attendre de qui que ce soit. Avis que ne partage pas le prêtre Fa David Koffi Aza, l’un des précurseurs du Tôfa. Selon lui, les animaux cités peuvent être offerts par une personnalité de bonne volonté ou un citoyen afin que les sacrifices soient faits.

 

M.M

Source : Matin Libre

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