Le monde a célèbr ce 22 mai, la Journée mondiale de la biodiversité. Intitulé « De l’accord à l’action : reconstruire la biodiversité », le thème appelle la communauté internationale à réexaminer sa relation avec le monde naturel.

 

Le thème de la Journée mondiale 2023, « Ensemble pour la conservation de la vie sauvage », vise à rendre hommage et saluer ceux qui font une différence. Il invite à mettre en œuvre toutes les mesures prévues avant 2030. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons obtenir une diversité biologique protégée et durable à l’horizon 2050.

La diversité biologique – ou biodiversité – est le terme qui désigne toutes les formes de la vie sur Terre et les caractéristiques naturelles qu’elle présente. Cette diversité s’explique généralement en termes de la vaste gamme de plantes, d’animaux et de micro-organismes. Mais la biodiversité s’étend également aux différences génétiques à l’intérieur de chaque espèce comme, par exemple, des différences entre des variétés de plantes cultivées et de races de bétail. Les chromosomes, les gènes, et l’ADN déterminent le caractère unique de chaque individu à l’intérieur de chaque espèce.

La biodiversité offre en outre d’innombrables services, tant au niveau local que mondial. Les poissons assurent 20 % de l’apport protéique à environ trois milliards de personnes. Plus de 80 % de l’alimentation des êtres humains est assurée par des plantes. Près de 80 % des habitants des zones rurales des pays en développement ont recours aux médicaments traditionnels à base de plantes pour les soins de base.

Mais la perte de biodiversité menace tout le monde, y compris notre santé. Il a été prouvé que la perte de biodiversité pouvait étendre les zoonoses – maladies infectieuses transmises par les animaux aux humains – alors que, d’autre part, si nous gardons la biodiversité intacte, elle offre d’excellents outils pour lutter contre les pandémies, comme celles causées par les coronavirus.

Entrée en vigueur en 1993, la Convention sur la diversité biologique a pour objectifs la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses éléments constitutifs et de ses ressources génétiques, ainsi que le partage juste et équitable des avantages qui en découlent.

Profondément préoccupée par l’appauvrissement continu de la diversité biologique dans le monde, l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de proclamer le 22 mai, date de l’adoption du texte de la Convention, Journée internationale de la diversité biologique.

S’engager pour défendre la biodiversité

L’année 2023 marque le 30ème anniversaire de l’entrée en vigueur de la Convention sur la diversité biologique. Appliquée par un certain nombre d’états signataires, elle a également été mise à mal par nombre d’autres, semblent-ils peu préoccupés par toutes ces questions ou soucieux d’abord de leur développement économique unilatéral.

Autant dire que la mobilisation de tous est plus que jamais nécesssaire…

Combien d’espèces connaît-on aujourd’hui dans le Monde ?

La biodiversité englobe l’ensemble des espèces animales et végétales vivantes sur terre (et dans les mers). La biosphère abriterait entre 5 et 30 millions d’espèces (estimation).

Environ 1,7 million d’espèces animales sont répertoriées, et chaque année de nouvelles espèces sont répertoriées. Malheureusement, de nombreuses espèces disparaissent également, souvent à cause des actions irresponsables de la société humaine.

L’état de la biodiversité au Bénin

Au Bénin, le projet de « facilitation d’engagements pour la biodiversité – BIODEV2030 », qui vise à stopper le déclin de la biodiversité d’ici 2030 et à restaurer la biodiversité d’ici 2050, est mis en œuvre par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature UICN à travers le financement de l’Agence Française de Développement AFD avec le partenariat de l’Expertise France. L’UICN, pour une meilleure efficacité s’appuie dans son intervention au Bénin sur l’ONG Eco-Bénin en collaboration avec le Point Focal – Convention sur la Diversité Biologique au Bénin.

Dans la mise en œuvre du projet, il a été réalisé une évaluation sur le diagnostic concernant les principales causes de la perte de la biodiversité grâce à l’outil STAR. Cette étude est réalisée par le Laboratoire d’Écologie Appliquée de l’Université d’Abomey-Calavi dirigé par la professeur Brice Sinsin, ancien recteur de l’Université d’Abomey-Calavi.

L’évaluation des écosystèmes habitats des divers groupes taxonomiques étudiés montre selon la revue de littérature une tendance à la régression de leur superficie entre 2005 et 2015. Quant à la diversité taxonomique, le Bénin compte environ :

– 2807 espèces de plantes dont des 27 % connues et étudiées, 63 espèces sont en déclin. 106 espèces sont menacées selon la liste rouge du Bénin contre 57 sur la liste rouge UICN

– 552 espèces de champignons supérieurs

– 30% de son avifaune assez diversifiée qui s’élève à 590 espèces d’oiseaux sont menacés d’extinction

– 157 espèces de mammifères (dont 2/3 de petits mammifères), avec un résultat d’évaluation montrant une stabilité

– 103 espèces de reptiles dont 23 menacées suivant la liste rouge du Bénin et 12 suivant la liste UICN

–  221 espèces de poissons d’eau douce dont 5 considérées en danger critiques d’extinction,

– 136 espèces de poissons marins et saumâtres avec une majorité de perciformes (74 espèces selon les données obtenues à la Direction des Pêches, la pêche maritime industrielle fournit au total 69207,4 tonnes pour une moyenne de 4325,5 tonnes par an de 2003 à 2016

– 51 espèces d’amphibiens dont 6 menacées suivant la liste rouge du Bénin et un seul suivant la liste de UICN.

A l’unanimité, les données de littératures et les avis des experts indiquent une baisse de la population de ces espèces au cours du temps, malgré la présence de plusieurs massifs forestiers et réserves de biodiversité représentant environ 25 % du territoire national.

L’Evaluation a été également faite à partir de la Mesure de réduction des menaces et de restauration des habitats des espèces (STAR). Ce type d’évaluation révèle que pour garantir une conservation durable de la biodiversité du Bénin, il faut s’attaquer prioritairement aux menaces liées à la chasse et collecte d’animaux terrestres (21,5 % du score total de réduction des menaces), aux cultures annuelles et vivaces non ligneuses (19 % du score total de réduction des menaces), à l’élevage et élevage de bétail (15,6 % du score total de réduction des menaces) et les plantations de bois et de pâte à papier (11,4 % du score total de réduction des menaces). D’autres types de menaces comme effluents agricoles et forestiers (5,5 %), barrages et gestion/utilisation de l’eau (4,9%), exploitation forestière et récolte du bois (4,8%), mines et carrières (4,7%), logement et zones urbaines (3,1%) ont été également relevés et mériteraient une attention particulière dans toutes actions de réduction des menaces sur la diversité biologique au Bénin.

Le croissement de ces trois méthodologies enrichit par les échanges en atelier ressort qu’il faut engager le dialogue en tenant compte des menaces et secteurs économiques suivants par ordre de priorité:

– L’agriculture et aquaculture (secteur agricole et pêche)

– L’utilisation des ressources biologiques (secteur forestier : bois d’œuvre et PFNL),

– Le développement résidentiel et commercial (secteur de l’urbanisation).

Thomas AZANMASSO

Source : Matin Libre

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